Ociosas discusiones

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Ociosas discusiones

En français, on utilise parfois l’expression « c’est l’armée mexicaine ! » L’expression vient de la révolution mexicaine de 1910 où les armées de Pancho Villa et d’Emilio Zapata firent jonction, avec cette particularité que ces armées ne comportaient pratiquement que des officiers et très peu de soldats formés et de terrain. Par glissement, la formule évoque l’inefficacité de la prise de décision. Chacun décide mais il n’y a personne pour exécuter les directives.

En regardant les débats politiques actuels, on ne peut s’empêcher d’y penser un peu.

Les campagnes électorales ont, légalement, une durée plutôt courte. Mais rien n’encadre la durée des périodes dites pré-électorales. Force est de constater que cela commence de plus en plus tôt.

Notre pays connaîtra en avril et en juin 2022 deux élections, et quatre tours de scrutin, qui détermineront les orientations pour les cinq ans à venir. C’est engageant. Aujourd’hui, entre les primaires, les candidats indépendants, et les candidats pressentis mais non déclarés, il y a foultitude de prétendants. On s’y perd.

A les écouter séparément ou tous ensemble, on en retient les habituels « Yaka fokon ». Des mesures ponctuelles sont lancées ici ou là, parfois rétractées à peine formulées. Petites phrases ou grandes envolées sans réelles déclinaisons concrètes, le moins qu’on puisse dire c’est qu’on reste sur sa faim.

Du côté du monde professionnel, et quel que soit le secteur, on aimerait bien quand même entendre parler de compétitivité, d’emploi, de croissance, de performance, de concurrence européenne et mondiale, et de... confiance. Mais aussi d’intelligence artificielle, de robotisation, d’indépendance énergétique, d’industrialisation, d’approche sociale du développement durable et de tant d’autres choses. Une vision quoi… A tout le moins, des perspectives.

Alors ne parlons même pas du secteur du transport et de la logistique, si essentiel, qu’il vaudrait mieux soutenir que d’assommer. Comme c’est le cas dans les pays du monde les plus puissants. Aux yeux de trop de personnalités politiques françaises, il ne saurait être question d’aborder ce qu’ils considèrent comme de « l’intendance ». Et peu importe ce qui sera décidé, « l’intendance suivra ». Comme d’habitude

Peut-être que l’on est trop sévère et que l’exercice est si convenu qu’on ne se déterminera pas sur un programme, mais sur certaines idées voire de quelques promesses. Qui n’engagent, on le sait bien, que ceux qui y croient.

Dans ces conditions, les débats actuels semblent un peu vains. On redoute que ces campagnes ne soient qu’un rendez-vous manqué de plus, une occasion ratée pour partager collectivement une façon d’aborder un avenir incertain.

Gardons espoir, il reste encore quelques mois pour rectifier le tir.

En attendant, comme disent les mexicains ( et beaucoup d’autres) : « No hay nada nuevo bajo el sol ».*

Florence Berthelot

* « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ».

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