L’année du cheval de feu
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À l’heure où l’actualité est parfaitement déprimante, les débats médiocres, l’activité économique stagnante voire pire (comme si c’était encore possible), et où les problèmes évoqués dans un précédent édito sont loin d’être réglés, on cherche désespérément des signes, des repères auxquels se référer et même les plus fantaisistes.
Au tarot divinatoire, on serait dans ce que l’on appelle un moment « Tour », arcane majeure (numéro XVI) autrement appelée « Maison Dieu », à savoir le temps où tout se casse gentiment (ou pas gentiment du tout) la figure.
Alors on va piocher ailleurs et notamment dans l’astrologie chinoise où nous en sommes. Le 17 février, nous avons quitté l’année du Serpent pour entrer dans l’année du Cheval et pas n’importe lequel, le Cheval de feu.
On nous explique qu’après une longue phase d’introspection, de transformation, voire de mue (de peau de serpent, ha ha), nous allons tous collectivement pouvoir aller de l’avant. On nous promet un redémarrage, de l’action, du mouvement, et tant que l’on y est de l’enthousiasme, et même… de la passion. Mais aussi (en même temps ?) de l’ancrage, du pragmatisme, du courage.
Chacun y trouvera à boire et à manger. Comme quand vous dites que vous êtes Sagittaire et que l’on vous sort le couplet « les pieds sur terre et la tête dans les étoiles » ou « intellectuel mais aussi sensuel ». Les Béliers sont fonceurs, et les Poissons nagent entre deux eaux, etc, etc. Oui, oui, oui... Et donc ?
On voudrait croire aux horoscopes, aux prédictions, mais le problème c’est que quand ça veut pas, ça veut pas.
Qu’est-ce qui donne encore envie dans ce pays ? La loi de finances a été finalement adoptée et elle est totalement mortifère pour les entreprises, la loi de financement de la sécurité sociale est passée et elle est dévastatrice pour les entreprises et les salariés. Personne n’est content. Chacun se replie.
Nos jeunes (et nos moins jeunes aussi) rêvent d’ailleurs, d’expatriation. Un rêve vers plus d’opportunités et de liberté.
Ce qui fait penser à la course effrénée de chevaux sur une plage illustrant ce bonheur d’avancer sans entrave. Une belle image.
Franchement, et c’est encore plus flagrant dans une Fédération patronale, respect pour les chefs d’entreprises qui y croient encore et qui se battent au quotidien pour nous faire tous avancer, malgré plus de normes, de taxes, de contraintes. De vrais chevaux de trait.
Il faut vraiment avoir ce feu chevillé au corps pour faire front ainsi. Même si l’on connait leurs moments de découragement et de désarroi. Et pour nous d’être là, quand ils tombent sept fois, les aider à se relever huit.
Pourvu que l’astrologie soit une science exacte et que cette année soit vraiment celle du cheval de feu comme le prétendent les gourous de tout crin.
Et même si tout est faux, que l’on soit entrepreneur ou pas, quittons la Chine pour la Perse en citant ces mots de Djalâl Al-Dîn Rûmi (dit Rumi), érudit et poète soufi : « Embrase ta vie. Recherche ceux qui attisent tes flammes ».
À ne pas méditer. À mettre en pratique. (Chiche).
Florence Berthelot