En manque…

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En manque…

Il y a des informations qui circulent à bas bruit. Des signaux faibles. Qui sont en train de devenir de plus en plus forts.

Il y a quelques mois, nous évoquions la pénurie de semi-conducteurs qui impacte nombre de secteurs tels que l’automobile. Mais il apparait que les pénuries se multiplient au point de générer des inquiétudes sur les perspectives de reprise.

Ainsi, on manque aussi d’acier et d’aluminium. Ce qui pourrait expliquer les délais extrêmement longs auxquels sont confrontés les transporteurs qui achètent aujourd’hui des camions : les délais de livraison sont annoncés entre 6 et 9 mois.

Mais apparemment, il y a aussi un problème sur les pneumatiques. Dommage car avec la nouvelle réglementation sur les équipements hivernaux (qui mériterait à elle-seule un édito tant on est chez Ubu) applicable au 1er novembre, nombre d‘entreprises ne seront pas prêtes car les pneus hiver ne seront peut-être livrés qu’au printemps.

Le cuivre est aussi concerné. Mais en dehors des métaux, le bois semble très convoité au point que son prix flambe. Ajouté au sable, c’est tout le secteur de la construction qui commence à alerter sur la difficulté de réaliser certains chantiers.

Mais l’agriculture n’est pas en reste, car les cultivateurs déplorent une pénurie sur les engrais ! Ce qui aura un impact sur le rendement des récoltes et risque de toucher toute la filière alimentaire.

Deux explications sont fournies par les économistes qui se penchent sur la question. La première est évidemment le Covid. Explication assez évidente au premier abord qui mériterait qu’on approfondisse un peu plus quand même.

La deuxième explication est que la Chine et les Etats-Unis, en forte reprise économique, sont en train de capter toutes les matières premières disponibles.

Si pour la Chine, il n’y a guère de doutes, pour les Etats-Unis, c’est un peu plus discutable, car les médias y relaient aussi là-bas des problèmes d’approvisionnement.

La conséquence première est une augmentation considérable des prix de ces matières premières. Avec un impact inflationniste évident sur tout le reste de l’industrie et de la production. D’ailleurs, on voit l’inflation progresser de mois en mois, poussée aussi par une augmentation significative de l’énergie.

La deuxième est le risque d’obérer la reprise de plusieurs pays une fois la crise sanitaire terminée. Car malgré des prévisions de croissance forte, beaucoup (dont la France) partent de loin.

Aucune perspective n’est donnée sur une date ou une période de réamorçage d’approvisionnements et d’un retour à la normale. S’ils le redeviennent. Car du bout des lèvres, certains s’interrogent sur un phénomène plus durable, dû à la raréfaction des ressources. Et là, c’est tout un modèle économique qui est clairement remis en cause fondé sur la surconsommation.

Mais les arbres ne montent pas au ciel. Sans doute, faudrait-il s’interroger sur un autre monde d’après, plus sobre, moins gourmand de nos ressources naturelles. Le vrai monde d’après, définitivement différent du monde d’avant. Et ceux qui rêvaient de revenir à ce qui existait « avant » seront certainement… en manque.

Florence Berthelot

 

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