COP combien ?

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COP combien ?

Il faut avouer en regardant la presse que le début de la COP 26 suscite moins d’espoirs que de critiques.

Déjà, les commentateurs n’ont pas manqué de souligner que la plupart des chefs d’Etat, et dirigeants de grandes entreprises mondiales s’étaient déplacés à Glasgow en jets privés. Au point que l’aéroport local n’arrivait pas à gérer les 400 avions en attente d’atterrir. En termes d’exemplarité pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, on peut faire mieux.

D’autant que les mêmes se sont succédés à la tribune pour affirmer qu’il faut privilégier les actes aux paroles, que le temps presse, que ça ne peut plus durer. Aucun doute, il y a urgence. Mais certains ont mal supporté le décalage horaire et se sont endormis sur leur fauteuil.

Alors oui, un accord a été signé pour stopper la déforestation… d’ici 2030. Notons que la Russie et la Chine – au demeurant absentes de la COP - ont déjà commencé puisqu’ils ont interdit tout abattage dans leurs pays pour un siècle. Et importent allègrement du bois d’ailleurs, ce qui explique la flambée des prix, notamment dans notre pays… Décidément rien n’est simple.

Des ONG soulignent que c’est quasiment trop tard. La forêt amazonienne n’est plus le poumon de la planète car elle ne capte plus le carbone mais en émet.

Le Prince Charles a, dans son discours d’ouverture, clairement pris position. Les Etats, suite à la crise Covid, sont lourdement endettés et ont peu de marge de manœuvre pour investir. Il faut donner un prix au carbone et radicalement quitter des économies fondées sur les énergies fossiles. Plus loin encore, il a évoqué une « campagne de type militaire pour mobiliser le secteur privé (ndlr : car plus riches que les Etats eux-mêmes) pour instaurer une transition économique et lutter contre le réchauffement climatique ». Comprenne qui pourra.

Les discussions plus techniques vont se poursuivre. Espérons qu’on n’omettra pas cette fois-ci de clairement s’attacher à la question des énergies de remplacement pour quitter le fossile. Qu’on prendra en compte la disponibilité de ces énergies en regardant le bilan global tenant compte des modes de production et d’extraction. Sinon, on ne fera que déplacer le problème. Une fois de plus.

Bref, tout le monde attend des actes. Connaissant les gouvernements cela se traduira par des taxes supplémentaires.

La preuve : le 2 novembre, le Parlement français a définitivement adopté une loi visant à améliorer le verdissement du numérique. Parmi les mesures retenues, figurent l'enseignement d'une formation de sensibilisation à l'impact environnemental des outils numériques à destination des élèves et étudiants, la création d'un observatoire des impacts environnementaux du numérique et… l’extension de la redevance privée aux produits reconditionnés.

Taxe qui ne concernera pas les plateformes qui se contenteront de proposer à la vente des produits reconditionnés à l’étranger.

Combien faudra-t-il encore de COP ?

Florence Berthelot

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