La culpabilisation permanente

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La culpabilisation permanente

Alors que les agriculteurs se manifestent pour dénoncer les attaques dont ils font l’objet (c’est à peine si certains ne les accusent pas d’empoisonner la population), nous assistons à une grande campagne d’attaques contre le « Black Friday ». Opération commerciale venue d’outre Atlantique, c’est le jour des prix cassés à un mois des fêtes de fin d’année. Les plates-formes du commerce, les opérateurs logistiques, les livreurs sont l’arme au pied. Ah mais en fait, nous dit-on, ce n’est pas bien du tout. Les ministres, les élus se succèdent sur les plateaux pour fustiger les consommateurs qui achètent n’importe quoi et surtout ce dont ils n’auraient pas besoin. Le plus baroque, c’est qu’avant ce jour et après, on verra d’autres élus venir énoncer qu’il faut faire de la relance par la consommation, et que des mesures sont prises pour améliorer le pouvoir d’achat des français.

Que comprendre ? Que nous sommes entrés dans le règne de la culpabilisation permanente. Qu’on nous fait la morale tout le temps. Qu’on nous donne des leçons. Que nous sommes perpétuellement pris les doigts dans le pot de confiture. Accusés, levez-vous ! Quoi que vous fassiez, en vivant comme vous l’avez toujours fait dans une société occidentale, ce n’est jamais bien. On dit que le client est roi, mais on veut nous persuader du contraire. On confond responsabilité et culpabilité.  Et lorsque certains émettent quelques idées pour justement un peu responsabiliser les consommateurs (taxe à la livraison, éco-contribution sur les transports, etc…), le Gouvernement balaie cela d’un revers de main en indiquant qu’il ne faut pas punir les consommateurs. Culpabiliser sans punir en espérant que cela changera les comportements. C’est bien naïf. Face à des -50% voire plus, souvent seul l’argument économique primera. D’autant qu’on vous promet « la livraison gratuite » ! Là réside le vrai scandale car la livraison n’est jamais gratuite. Elle peut être « offerte » tout au mieux. Et laisser ces arguments marketing perdurer est de la responsabilité des élus. A ne pas intervenir pour interdire ce qui n’est qu’une affirmation mensongère relèverait presque de la culpabilité. Rendez-vous à Noël.

Florence Berthelot

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