Propaganda

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Selon le Larousse, la propagande est « l’action systématique exercée sur l'opinion pour lui faire accepter certaines idées ou doctrines, notamment dans le domaine politique ou social ».

Ces actions ont été théorisées et popularisées en 1928 par Edward Bernays qui avait créé une agence de relations publiques à New York à la fin de la première guerre mondiale. Dans son livre Propaganda, il pose les fondements de tous les principes de la publicité, du marketing, mais aussi de la manipulation des masses. Ses travaux inspireront aussi les ministères de l’Information durant la seconde guerre mondiale. C’est de là que vient la tonalité négative du mot « propagande ».

La légende veut que ce soit grâce aux concepts de Bernays que le petit déjeuner américain soit ce qu’il est aujourd’hui (œufs bacon pancakes sirop d’érable et jus d’orange) et que les femmes se soient mises à fumer soit-disant en signe « d’émancipation » sous l’impulsion mercantile des fabricants américains de tabac qui voulaient augmenter leur clientèle (pourritures…).

Un brin de provocation : c’est tout de même à cela que j’ai pensé en entendant le Premier ministre annoncer le possible renouvellement des « aides aux transporteurs » de 20 centimes par litre de carburant.

Cela fait trois semaines que l’on entend cette rengaine. Qui est parfaitement inexacte. Non, les transporteurs n’ont pas obtenu une remise de 20 centimes par litre. Ils ont obtenu (et encore, pas tous les transporteurs) un principe d’aide forfaitaire « équivalente à » 20 centimes selon le Gouvernement.

« Équivalente à », les deux mots que tout le monde a perdu en route. Le gars qui a inventé le truc (désolée, c’est forcément un gars, si, si) est un génie.

Si l’on devait demander comment le calcul a été fait, on pourrait toujours attendre. 70 euros pour une ambulance, 500 euros pour un tracteur routier pour compenser l’augmentation faramineuse du gazole, on reste dubitatifs.

Quand on explique, notamment à des journalistes, que pour prétendre à plus de 5 000 euros d’aides, il faut avoir eu un ratio excédent brut d’exploitation sur chiffres d’affaires inférieur à 5% en 2024 et 2025 alors que la crise se produit en 2026, et que de toute façon le total est plafonné à 60 000 euros, ils ouvrent des yeux comme des soucoupes en concluant « mais c’est une usine à gaz ! ». Mais vous n’avez rien vu : si vous demandez moins de 5 000 euros d’aides, il faut demander le report de charges à l’URSSAF… qui applique 5% de majoration !

Quand on ajoute que si l’on fait (ce que l’on souhaiterait) une bonne deuxième partie d’année 2026 et que cela s’arrange, il faudra tout rembourser en 2027…

Le pompon de la pomponnette, c’est que l’on nous parle de renouveler ces aides en mai alors que fin avril, le site internet pour déposer les demandes n’est toujours pas ouvert ! Heureusement que ce sont des aides d’urgence.

L’art de cette communication gouvernementale, c’est qu’elle affiche quelque chose d’erroné, mais de simple, alors que toute réponse sera juste mais trop compliquée (et défensive).

Encore une fois, comment faire croire que l’on agit, alors qu’il ne se passe rien, ou pas grand-chose depuis 8 semaines que dure cette crise.

Si c’était propre à notre pays : cela fait des jours que le détroit d’Ormuz est fermé mais ouvert, que chaque belligérant a gagné mais en réalité pas tant que ça, que c’est la crise mais ça va quand même.

Le drame, c’est que la parole politique est totalement décrédibilisée. Et que personne ne croit plus en rien de ce qui se dit. Société spectacle…

D’ailleurs, et c’est curieux, en cherchant on découvre qu’Edward Bernays était le neveu de Sigmund Freud. Et qu’il se trouve être le grand-oncle de Marc Randolf, un des fondateurs de… Netflix.

PS. Sinon Propaganda était un excellent groupe de New Wave dans les années 80-90. (ça c’est pour titiller les vingtenaires et trentenaires de l’équipe qui vont encore lever les yeux au ciel en « ayant la réf » ou pas…)

Florence Berthelot

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