Interstellaire
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Il est des départs d’été qui ne ressemblent pas à des vacances mais plutôt à un retour. Après une année passée en ville, sous les néons, devant les écrans, soumis aux calendriers qui débordent et aux nuages trop bas, on revient vers une terre que l’on connait et qui nous reconnaît.
Y va-t-on pour le soleil éclatant, les plages secrètes, la mer turquoise, les parfums de maquis et tout ce qui compose l’image ̶ en forme de carte postale - de l’été ? Pas seulement. Le vrai rendez-vous commence quand le jour s’éteint.
Le vaste ciel s’ouvre, noir de velours scintillant, vivant. Les étoiles filantes passent comme des murmures. On se jure de ne faire aucun vœu (menteuse). Dans ces nuits, il y a une présence, une vibration, une douceur, une force invisible qui chuchote que l’on est chez soi. Parfois, le regard s’attarde sur une étoile avec une pensée que l’on n’ose à peine formuler. Peut-être quelque part, quelqu’un d’autre la voit aussi.
Qu’est-ce que ce « chez soi » ? La terre sous les pas ou le ciel au-dessus de la tête ? Les montagnes, ou les constellations. Les pierres qui gardent le silence, ou cet infini qui semble tout savoir. Peut-être qu’être chez soi, parfois, c’est simplement retrouver l’endroit où l’on peut se fondre dans l’espace infini.
La trêve insulaire n’effacera pas le reste : les congrès, les dossiers, les imprévus, les urgences, les projets et la faculté de ne jamais dormir très longtemps. Mais pour quelques temps, on oublie. Les meilleures idées attendront au bord des chemins...
Viendra bien assez vite le moment de reprendre le fil, de retrouver les voix, les salles, les projets, les rendez-vous et cette énergie collective qui nous porte et nous fait avancer. Sans doute. Probablement. Enfin… Rien n’est certain.
Les nuits estivales, bien plus belles que les jours, consolent le cœur des enfants des villes. Elles leur rappellent ce qu’ils avaient presque oublié : d’où ils viennent vraiment et où ils retourneront le moment venu.
Alors, à la question de savoir si l’on sera là à la rentrée, il est prudent de ne rien promettre trop vite.
Au matin, il ne faut jamais, jamais, rien promettre…
Bonnes vacances à ceux qui en prennent. Courage aux autres
Florence Berthelot