Transport routier de marchandises : un choc de coûts sans précédent qui plonge le secteur dans une crise majeure

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La note de conjoncture de la FNTR du 1er trimestre 2026 met en évidence une rupture conjoncturelle nette : effondrement de l’activité, retournement violent des anticipations, gel quasi total des investissements et repli de l’emploi.

Le moral des chefs d’entreprise atteint un niveau historiquement bas, pire encore que lors de la crise Covid : 78% des dirigeants ne sont pas satisfaits de la situation actuelle de leur entreprise contre 55% au 4ème trimestre 2025. Un constat inédit depuis la création du baromètre de la FNTR en 2015.
Après une fragile stabilisation en fin d’année 2025, la conjoncture du Transport Routier de Marchandises se dégrade brutalement au premier trimestre 2026. L’ensemble des indicateurs économiques bascule dans le rouge, sous l’effet immédiat de la flambée des prix des carburants consécutive au conflit au Moyen-Orient venant achever de fragiliser un secteur déjà fortement éprouvé par les blocages agricoles de janvier et par des épisodes météorologiques défavorables ayant fortement perturbé l’activité. 


Un choc de coûts majeur pour un secteur aux marges structurellement fragiles 

Dans un secteur déjà sous fortes contraintes, cette crise énergétique représente la crise de trop qui fait basculer l’équilibre économique d’entreprises aux marges très faibles. La hausse rapide et non anticipée du prix du gazole entraîne une forte baisse des marges plaçant un nombre croissant d’entreprises dans des situations de trésorerie critiques.


Le secteur ne fait pas face à un simple ralentissement conjoncturel mais à un choc de coûts massif menaçant l’équilibre économique de milliers d’entreprises, et, à terme, la continuité de la chaîne logistique du pays.


Activité, emploi, investissement : des signaux tous orientés à la baisse 

L’indicateur d’activité récente chute à des niveaux comparables à ceux observés lors des grandes crises précédentes, tandis que les perspectives à court terme demeurent très dégradées, traduisant un climat d’extrême incertitude économique. 


L’ajustement du marché du travail s’opère désormais par la contrainte, avec un repli des effectifs de conducteurs qui ne traduit pas une amélioration structurelle de l’emploi, mais bien un ralentissement forcé de l’activité. Parallèlement, les investissements restent durablement atones et se limitent au strict renouvellement du parc, sans augmentation des capacités ni modernisation ambitieuse. Le plan d’électrification du Gouvernement, qui porte notamment sur l’accélération de celui du parc poids lourds, présenté début avril ne répond pas à l’urgence financière immédiate des entreprises de transport. La transition énergétique est indispensable mais sans solutions transitoires adaptées au terrain ni soutien massif, les entreprises seront davantage fragilisées.


Un signal d’alerte pour les pouvoirs publics 

La note de conjoncture de la FNTR constitue un signal majeur d’alerte économique. Le transport routier de marchandises, secteur stratégique pour l’économie française et la souveraineté logistique du pays, se trouve confronté à une crise de rentabilité et de visibilité sans précédent. 

Le décret publié le 18 avril sur les aides aux entreprises de transport routier confirme les craintes de la FNTR : des aides complexes, restrictives et déconnectées de l’urgence économique liée à la flambée des prix des carburants. Sans mesures rapides et ciblées sur le carburant, la trésorerie et les mécanismes de répercussion des hausses de coûts, c’est la capacité même du secteur à assurer la continuité des approvisionnements et des flux économiques qui est en jeu.


Lien vers la note de conjoncture du 4ème trimestre 2025
 

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