Véhicules autonomes : l’Europe en retard dans une compétition devenue stratégique

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Dans sa récente note publiée par le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, Thomas Matagne, fondateur et président d’ECOV, met en garde contre le retard pris par l’Europe dans le domaine des véhicules autonomes. Le document intitulé « Reprendre la main sur le véhicule autonome : pour une stratégie européenne du système de mobilité routière » plaide pour la mise en place rapide d’une véritable politique européenne. La FNTR, de son côté, est pleinement mobilisée sur ces enjeux stratégiques liés à l’avenir des mobilités et du transport routier.  

Le constat dressé est en effet préoccupant. Aux États-Unis comme en Chine, les véhicules autonomes de niveau 4 sont déjà largement déployés. Waymo, la filiale de Google spécialisée dans ce secteur, effectue ainsi chaque semaine plusieurs centaines de milliers de trajets, pendant que les entreprises chinoises accélèrent elles aussi leur développement. De son côté, l’Europe reste fortement dépendante des technologies venues de l’étranger et peine encore à définir une stratégie industrielle claire et coordonnée.  

Selon Thomas Matagne, l’enjeu va bien au-delà de la simple innovation automobile. Le véhicule autonome ne devrait pas seulement être envisagé comme une voiture sans conducteur, mais comme faisant partie d’un écosystème global de mobilité. Sans réflexion d’ensemble, ces nouvelles technologies risquent surtout de reproduire, voire d’amplifier, les problèmes actuels du transport routier : embouteillages, trajets effectués à vide, hausse de la consommation d’énergie et extension des zones urbaines.  

La note du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan critique notamment le modèle du « robotaxi », jugé peu efficace sur le long terme. Les premières expériences menées aux États-Unis montrent des véhicules souvent faiblement occupés et réalisant de nombreux déplacements sans passagers. À l’inverse, une approche reposant sur une combinaison de covoiturage, de transports collectifs, de plateformes multimodales et de services connectés offrirait une plus grande efficacité globale.  

Pour l’Europe, les enjeux sont donc nombreux : industriels, technologiques mais aussi géopolitiques. Le document propose plusieurs pistes d’action, parmi lesquelles :

  • l’investissement dans la souveraineté technologique en faisant émerger des acteurs européens majeurs dans la conduite autonome ;  
  • l’identification de territoire pilotes en France pour déployer à grande échelle des véhicules autonomes dès cette année, alors que de grandes villes européennes ont déjà prévu leur prochain déploiement commercial ;  
  • l’optimisation du système de transport routier pour augmenter les taux d’occupation des véhicules ;  
  • une intégration du véhicule autonome dans les politiques publiques pour mieux coordonner infrastructures et services de transport des prochaines décennies.  

Ces transformations pourraient aussi bouleverser le transport de marchandises, la logistique urbaine ainsi que l’organisation des mobilités locales. Dans ce contexte, la maîtrise des données, des infrastructures numériques et de la gestion des flux routiers devient désormais un enjeu stratégique majeur pour préserver la souveraineté européenne dans le secteur des mobilités.  

Télécharger « Reprendre la main sur le véhicule autonome : pour une stratégie européenne du système de mobilité routière », la contribution de Thomas Matagne 

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