Les ministres des transports européens débattent de la décarbonation du transport routier

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Les discussions autour du verdissement des flottes ont révélé des divergences marquées entre les États membres : La France, soutenue par la Lituanie, la Croatie et les Pays-Bas, a défendu des mesures contraignantes pour accélérer la transition écologique, et a plaidé pour l’intégration de normes environnementales minimales dans la production des véhicules afin de favoriser le « made in Europe ». À l’opposé, l’Allemagne rejette explicitement tout « quota légal » d’électrification, préférant une approche fondée sur la flexibilité et la neutralité technologique. Un groupe de neuf États membres s’oppose également au règlement, lui préférant de simples recommandations. La Suède et la Finlande ont exprimé des réserves, notamment sur l’article 4 relatif aux aides financières pour les flottes d’entreprise (réservées aux véhicules basses et zéro-émissions à partir de 2028 selon la proposition de la Commission), y voyant un empiétement sur la souveraineté fiscale nationale. Par ailleurs, le Parlement européen est également divisé sur la question, entre des rapporteurs socialistes plus ambitieux que la Commission et les groupes de droite et du centre rejetant l’idée de cibles obligatoires, et exprimant des réserves liées à l’hétérogénéité des situations nationales.  

Harmoniser les procédures d’autorisation 

Les discussions autour du règlement relatif à la mobilité militaire ont également révélé des points de friction entre le Conseil et la Commission européenne, cette dernière s’opposant notamment à un délai de cinq jours ouvrables pour les permissions ad hoc aux mouvements militaires transfrontaliers, préférant trois jours. Plusieurs délégations, dont la Finlande, la Pologne et la Roumanie, ont souligné la nécessité de garantir un financement suffisant pour la mobilité militaire dans le prochain budget de l’UE. 

Lors de cette réunion, dix-huit États membres, dont la France, ont signé une déclaration d’intention pour créer un banc d’essai transfrontalier dédié au déploiement de véhicules autonomes. L’objectif est d’harmoniser les procédures d’autorisation et d’élaborer des réglementations nationales. Par ailleurs, neuf États ont approuvé les deux premières feuilles de route de l’initiative « corridor de transport propre », ciblant les corridors Scandinavie-Méditerranée et Mer du Nord-Baltique. Ces feuilles de route identifient les actions prioritaires, les lacunes infrastructurelles et les besoins d’investissement pour déployer des poids lourds zéro émission. La Commission a également publié une cartographie actualisée des projets de recharge pour camions. 

Enfin, le ministre chypriote, Alexis Vafeades, a exprimé son souhait de conclure le dossier Eurovignette avant la fin de sa présidence fin juin, bien que des divergences persistent avec le Parlement européen : le Conseil reste réticent à moduler les redevances routières pour les remorques plus écologiques ou à accorder des réductions de péage allant jusqu’à 75 % pour les véhicules à basses émissions. 

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