Le Parlement européen très divisé sur le règlement CO2 pour les VUL
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Pour les VUL, certains députés PPE, dont le rapporteur, prônent un assouplissement pour 2035, tandis que d’autres, toujours au sein du PPE, proposent des cibles de 95 % en 2040 et 100 % en 2045. Une partie du groupe Renew défend même un objectif de 100 % pour les voitures et camionnettes dès 2040. À l’opposé, le groupe des Patriotes souhaite que ces objectifs restent non contraignants. Les groupes S&D et Verts/ALE, eux, poussent pour une ambition climatique accrue. Les socialistes proposent de renforcer les objectifs intermédiaires à 60 % de réduction pour les voitures et 55 % pour les VUL en 2030, contre 55 % et 50 % initialement). Les Verts affichent les ambitions les plus élevées : 70 % de réduction pour les voitures et 65 % pour les VUL en 2030, avec une étape intermédiaire dès 2027 (-40 % pour les voitures et -35 % pour les VUL).
Les mécanismes de flexibilité sont un point central des discussions. Le rapporteur recommande d’accorder une place plus importante aux carburants alternatifs, en permettant aux crédits associés de compenser jusqu’à 10 % des émissions, contre 3 % dans la proposition initiale de la Commission. Plusieurs amendements, soutenus par les groupes PPE, Conservateurs (ECR) et Patriotes pour l’Europe (PfE), prévoient également la création d’une catégorie de véhicules fonctionnant exclusivement avec des carburants neutres en carbone (VEEF), qui bénéficieraient des mêmes avantages que les véhicules électriques. D’autres propositions visent à introduire des critères de souveraineté industrielle, comme l’extension des « super-crédits » pour les petits véhicules électriques fabriqués dans l’UE.
En parallèle, certains amendements notamment chez les Verts cherchent à encadrer plus strictement les flexibilités liées aux biocarburants, craignant une dilution de l’ambition climatique. Ils proposent de limiter dans le temps ces flexibilités ou de restreindre leur éligibilité aux seuls carburants issus de déchets.
Les négociations en vue d’un compromis entre groupes politiques vont continuer après l’été. Le vote du rapport en commission Environnement et Climat (ENVI) est prévu le 4 novembre, pour une adoption en plénière avant la fin de l’année. Du côté du Conseil, la présidence irlandaise s’est fixée pour objectif d’aboutir à une orientation générale lors du Conseil environnement de décembre 2026.