Le Bureau commun en visite chez des transporteurs allemands engagés dans l’électrique
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Chez Berners Spedition, une entreprise de 240 salariés disposant de 40 camions dont deux tracteurs électriques, les retours d’expérience ont été contrastés. Des avaries régulières ont été constatés sur un des véhicules, mais le second affiche de meilleures performances. L’entreprise estime que le coût total de possession d’un camion électrique est encore peu performant par rapport à son équivalent diesel, malgré la gratuité des péages en Allemagne jusqu’en 2031. Un autre frein majeur réside dans l’augmentation de la capacité électrique sur site : l’opérateur du réseau met jusqu’à six mois à répondre aux demandes, sans garantie de faisabilité, et les extensions peuvent prendre plusieurs années. La recharge sur la voie publique, bien que possible, réduit par ailleurs la compétitivité des véhicules électriques. Malgré ces défis, Berners Spedition prévoit d’investir dans deux nouveaux tracteurs électriques dans les prochains mois, avec un point d’étape trimestriel pour évaluer la poursuite de cet engagement.
Chez Spedition Schumacher, qui exploite une centaine de camions pour du transport frigorifique régional et national, l’acquisition d’un tracteur électrique en leasing, utilisé pour des navettes régulières pour un client de l’agroalimentaire, a démontré que cette technologie peut être viable dans des conditions d’exploitation optimales. L’entreprise ne prévoit pas d’installer de recharge rapide sur son site, privilégiant plutôt la recharge chez le client ou une recharge lente la nuit. Leur principal défi ne réside pas dans la technologie elle-même mais dans l’absence de demande suffisante de la part des chargeurs pour ce type de transport. L’objectif est donc d’inciter ces derniers à adopter l’électrique pour des opérations régulières de courte et moyenne distance. Un obstacle persistant concerne l’indexation des contrats en fonction du prix de l’électricité, bien plus complexe que pour le diesel, notamment en raison du manque de transparence des tarifs et de la diversité des moyens de paiement sur les bornes. Une piste de solution résiderait dans la révision de l’AFIR (Alternative Fuels Infrastructure Regulation), qui pourrait améliorer ces aspects.
Ces visites ont confirmé que l’électrification du TRM, bien que porteuse d’opportunités, se heurte encore à des réalités opérationnelles et économiques complexes. Les transporteurs soulignent la nécessité d’un cadre réglementaire plus favorable, d’une meilleure coordination avec les opérateurs de réseaux électriques et d’une implication accrue des chargeurs pour accélérer cette transition.