Retour sur la Semaine du TRM : Interview de Stéphane David, Directeur général de Trans’Alp Services

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Retour sur la Semaine du TRM :  Interview de Stéphane David, Directeur général de Trans’Alp Services

Vous avez conçu il y a peu le « Pôle Ecologistique du Mont Blanc », inauguré lors de la Semaine Nationale du Transport Routier de Marchandises, en collaboration avec la FNTR Savoie/Haute-Savoie. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette création ?

Ce Pôle Ecologistique est situé au cœur de la vallée de l’Arve, qui, comme vous le savez, est extrêmement polluée. Beaucoup de transports passent par-là. Or, l’idée de ce Pôle est d’obtenir une massification des flux, et, pour ce faire, nous avons travaillé sur quatre axes principaux. Premier axe, les véhicules. Nous avons modernisé notre flotte, avec de l’Euro 5, et de l’Euro 6. Nous avons également veillé à choisir les pneus qui correspondent à la consommation la plus base possible. Deuxième axe, le carburant. Nous, nous utilisons l’huile de colza. Nous ne roulons plus au gasoil. Ce carburant a toutes les vertus : il est français, il est végétal, nous faisons travailler nos agriculteurs, et nous polluons beaucoup moins. Troisième axe, la formation des conducteurs. Cette année, depuis le mois de janvier, nous avons formé douze permis poids lourd. Ce qui, pour nous, est beaucoup. Ces salariés, quand ils intègrent l’entreprise, ils sont pris en charge par la « Driver Academy. » C’est un label que nous avons mis au point, d’accompagnement et d’intégration, pour tous les chauffeurs. Ils sont donc pris en charge dès leur arrivée, et ce, pendant deux mois. Au cours du premier, nous leur faisons découvrir le métier, ils apprennent à charger un camion, à se repérer et toutes autres procédures indispensables, puis, une fois cette période de stress « métier de base » terminée, nous les faisons travailler sur l’écoconduite. Enfin, dernier axe, l’optimisation des tournées : tourner dans le bon sens, et ne pas revenir sur ses pas. Voilà, en résumé, les différentes lignes de ce Pôle, pour limiter les efforts, les flux, les mouvements, et diminuer la consommation ainsi que le nombre de véhicules sur les routes. Et nous avons en effet profité de la Semaine du TRM pour faire découvrir le fonctionnement mais aussi l’intérêt de ce Pôle Ecologistique à nos 80 invités, principalement constitués de politiques, d’entreprises, de clients, prospects, et divers partenaires. A l’arrivée, tous ont manifesté un réel intérêt, pour ne pas dire enthousiasme, à l’égard du métier de transporteur. Une fois les explications données, en réponse aux questions posées : « Pourquoi un Pôle Ecologistique ? », « Pourquoi situé ici ? », et « Pourquoi avoir travaillé sur ces quatre axes spécifiques ? », tout leur est apparu évident. Une adhésion totale. Les politiques qui étaient présents, notamment, ont immédiatement compris les enjeux d’un tel projet, et avaient l’air de se dire : « Mais pourquoi on n’y a pas pensé avant ? » C’est comme ça que je l’ai ressenti, en tout cas.

Que retiendrez-vous principalement de cette « Journée portes ouvertes » ?

Il y a eu deux moments vraiment marquants. Le premier, c’est lorsqu’on a évoqué la campagne nationale lancée par la FNTR, avec les stickers collés à l'arrière des véhicules : « Si vous l’avez, c’est qu’un camion vous l’a apporté ! » D’un coup, on a vu les gens se retourner les uns vers les autres, et hocher de la tête, comme pour affirmer : « Ah oui, le paquet de pâtes… si on l’a, c’est parce qu’un camion l’a amené. Le dentifrice, pareil. » Etc, etc. Ce respect et cette reconnaissance ont été exprimés durant le confinement. Puis, tout est reparti. C’est pourquoi il est nécessaire de refaire passer le message en région. Petit à petit, il fera son chemin et il finira par rester dans l’esprit des gens. Travaillons d’abord en local. En cela, notamment, cette Semaine du TRM s’est révélée être une excellente initiative. Puis, le second temps fort, c'est quand on a fait goûter notre carburant à ceux qui le souhaitaient… (Sourire)

Vous participerez donc à la prochaine Semaine, en 2021 ?

Avec grand plaisir ! Cet événement a été une première pour nous, une très belle expérience, avec malgré tout pas mal de travail et de stress en amont car nous n’étions pas forcément prêts sur tous les sujets. Mais, au final, quand on regarde ce qui a été fait, et le partage qui a eu lieu… ça n’a été que du bonheur ! Et pour tous. Vraiment. A un moment, il y a eu une salve d’acclamations de la part des participants, rejoints par nos collaborateurs, qui a duré. C’était certainement le plus beau moment de la soirée. Le cœur était là, et je pense que cet amour du travail, cette envie, et cette force qu’on a, ont bien été décelés. Je le redis donc, cette idée de Semaine du Transport est une belle idée, et il faut la dupliquer, la redupliquer. Mieux communiquer encore, différemment, et plus fort, pour que notre message soit entendu, et pas uniquement par les consommateurs. Je pense par exemple aux salariés de l’entreprise, aux potentiels conducteurs, aux personnes qu’on a du mal à recruter. Il faut redorer l’image du transport, et la Semaine du TRM peut permettre cela.

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