Résilience

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Résilience

La loi qui décline les propositions de la Convention citoyenne a été présentée en Conseil des Ministres et va bientôt être débattue à l’Assemblée Nationale. Son titre ? « Climat et résilience ».

Le titre des lois adoptées devient quand même de plus en plus étrange. On peut citer en vrac la loi « visant à définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises » (adoptée le 29 janvier 2021), la loi pour la « sécurité globale » (comme s’il pouvait y avoir une loi pour la sécurité partielle…) ou la future loi à venir 4D qui signifie « différenciation, décentralisation, déconcentration et décomplexification » (tout un programme…).

Attardons-nous sur ce que signifie le mot « résilience ». Direction le Petit Larousse. Trois sens possibles : en psychologie, il s’agit de « l’aptitude d'un individu à se construire et à vivre de manière satisfaisante en dépit de circonstances traumatiques. » (ça ressemble à ce qu’on vit durant cette crise sanitaire…)

En écologie, on parle de la « capacité d'un écosystème, d'un biotope ou d'un groupe d'individus (population, espèce) à se rétablir après une perturbation extérieure (incendie, tempête, défrichement, etc.). »

Cela ne nous éclaire pas beaucoup.

A moins qu’il ne s’agisse de la définition informatique ? « Capacité d'un système à continuer à fonctionner, même en cas de panne. » (ça c’est fortiche…)

A bien considérer ce qui est prévu pour le transport routier de marchandises, à savoir création d’écotaxes régionales et augmentation de fiscalité du carburant, c’est sûr qu’on peut parler de traumatismes, de perturbations extérieures, et surtout de panne d’idées novatrices !

On attend sans doute des entreprises de transport qu’elles soient résilientes ? Elles sont surtout excédées qu’on ne voie pour elles la transition énergétique ou écologique qu’à coup d’impôts !

D’autant qu’il faut se méfier des effets secondaires. Si des Régions frétillent déjà à l’idée d’encaisser des sous, qu’elles y réfléchissent bien à deux fois : entre des industries ou des activités commerciales qui vont s’installer dans des régions sans écotaxe, ou le coup de massue pour leurs transporteurs locaux, sans parler de l’inévitable hausse du coût de la vie sur le consommateur final, il faudra bien regarder le rapport bénéfice/coûts de cette histoire.

En outre, impact sur le climat ? Zéro.

Quant au fait de ramener à terme la fiscalité du gazole sur celle des particuliers, tout ce qu’on obtiendra c’est de rendre les concurrents étrangers encore plus compétitifs !

On ne devrait pas appeler cette loi « Climat et résilience », mais « climat et inconscience ». Ce n’est pas en assommant les entreprises françaises qu’on luttera contre le réchauffement climatique. On n’aura pas moins de camions sur les routes. Seulement ceux qui circuleront auront des plaques étrangères.

Et c’est ainsi que dans l’avenir, on pourra toujours tenter de refaire une loi avec un nom pompeux, le gouvernement qui sera aux affaires en France n’aura strictement plus aucun levier possible pour agir efficacement pour le climat.

Florence BERTHELOT

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