Interview de Nourrédine Ziane, Président de la FNTR Aquitaine

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Interview de Nourrédine Ziane, Président de la FNTR Aquitaine

Nourrédine Ziane, vous venez d’être élu Président de la FNTR Aquitaine. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Je suis heureux et très fier d’avoir été reconnu par mes pairs. C’est pour moi la possibilité désormais de mettre en avant un certain nombre d’idées concernant notre métier de transport routier de marchandises. Notamment d’en retravailler l’image de marque, sa digitalisation et son acte prépondérant sur la partie écologie. On donne souvent l’impression d’agir par obligation, de subir l’écologie, alors que nous sommes volontaires et acteurs, déjà, de beaucoup de choses. Les transporteurs s’investissent énormément pour passer des flottes au vert. Le travail et la réflexion sur ce sujet ont été entamés depuis longtemps, parce que ce n’est pas qu’une question de coût, c’est d’abord une réorganisation et un investissement personnel.

L’écologie est donc un des enjeux principaux de l’année, voire des années à venir selon vous au sein de notre secteur ?

Oui, car en plus nous sommes en plein dedans, avec la Convention Citoyenne et sa prochaine traduction législative. C’est même le premier enjeu, je pense. Et ensuite, vient celui de la digitalisation, de la numérisation de notre métier. Regardez Amazon par exemple, ils ne sont que numériques. C’est d’ailleurs la base de leur réussite. Et je trouve dommage que l’on ne se soit pas encore pleinement approprié cette dimension. Il y en a qui le font, déjà, mais ce n’est pas encore suffisamment exploité dans nos métiers. On se sert de l’outil numérique pour les données sociales, pour le suivi des livraisons… mais uniquement parce qu’on est obligé de se servir de cet outil, et sans qu’il y ait encore une volonté de le développer, avec tout ce que cela peut comporter comme valeur ajoutée (gain de temps, nouveaux services à proposer à nos clients, etc.).

Vous êtes gérant d’entreprises. Quel(s) impact(s) la crise sanitaire a-t-elle eu sur vos activités ?

Cette crise, justement, nous a amenés à développer une partie de nos activités via le e-commerce. Il y a quand même eu un trou, disons tout cumulé un bon mois de chiffre d’affaires perdu, entre mi-mars et début mai. Ça a été très difficile pour toutes les équipes, parce qu’il a fallu en permanence réadapter, réorganiser les plans de transport. Mais en vérité, nous sommes surtout inquiets pour les prochains mois, quand les premiers bilans des entreprises vont sortir. En fonction de ça, il pourrait y avoir de nouveaux impacts sur nos activités.

On le voit au quotidien, les politiques nous ignore totalement, pour des raisons bien souvent électorales (sauf en période de confinement lorsqu’il s’agit d’approvisionner les magasins). Quant au grand public, il n’a pas forcément conscience de ce que nous sommes véritablement. Quels seraient selon vous les premiers mots, le message à faire passer, pour casser les clichés dont est victime le secteur transport routier de marchandises ?

Je pense qu’il faut avant tout rappeler, et marteler, que les transporteurs français sont dotés de véhicules qui polluent moins que les voitures diesel. Nos conducteurs sont en plus formés à l’éco-conduite et avec le respect des règles en matière de sécurité au volant. Parmi nos projets, on compte également faire passer le SST (certificat de Sauveteur Secouriste du Travail) à chaque FCO (Formation Continue Obligatoire), pour que demain un conducteur poids-lourd puisse être secouriste sur un potentiel accident de la route. Tout cela, ce sont des performances qu’il convient de valoriser, car elles ne sont pas forcément présentes dans d’autres pays. En France, oui. Et il est toujours bon de préciser que le transport routier de marchandises est un secteur d’emplois, avec la garantie de n’être quasiment jamais au chômage, et des rémunérations de plus en plus attractives.

En tant que Président de la FNTR Aquitaine, et au-delà de tout ce que nous venons d’aborder, quelles seront vos premières actions ?

Pour commencer, nous allons travailler sur la partie « Adhérents », voir quelles entreprises on peut faire adhérer à la FNTR, ce qui leur manque et ce qu’on peut, nous, leur proposer. Les interroger aussi sur les sujets qui leur tiennent le plus à cœur, via des outils simples de sondages notamment. Puis, il nous faut, en lien avec l’AFT, traiter tous les sujets liés au recrutement. Mettre en place des projets communs, et connaître les feuilles de route de chacun. Enfin, on sera très, très à l’écoute des échéances électorales, ainsi que du projet de loi issu de la Convention citoyenne. Et de réagir rapidement, selon l’avis des adhérents. Parce que je crois qu’on ne se rend pas encore totalement compte de l’impact que risque d’avoir ce texte notamment en matière de fiscalité. Une fois que le boulet sera lancé, il sera très difficile de le faire revenir en arrière.

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