Interview de Nicolas Guyamier, élu Transporteur de l’année 2022

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Interview de Nicolas Guyamier,  élu Transporteur de l’année 2022

M. Guyamier, commençons si vous le voulez bien par une brève présentation…

Je m’appelle Nicolas Guyamier, j’ai 36 ans. Je suis à la tête d’un Groupe qui comprend quatre structures de transport : Transports Guyamier, Transports Lacassagne, Transports Atlantic Europe Express, et Transports SMGE. Ces quatre sociétés de transport représentent 220 collaborateurs, 175 conducteurs. Et nous avons un mot d’ordre dans la société, c’est : « Humilité, engagement et respect. » Nous veillons par ailleurs à ce que nos collaborateurs se sentent bien car c’est aussi grâce à ça qu’une entreprise peut avancer.

Vous avez été élu le 4 avril dernier « Transporteur de l’année 2022. » Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C’est extraordinaire, car nous avons quand même traversé des tempêtes dans notre société il y a quelques années, à la suite du décès de ma grand-mère. A ce moment-là, même, je ne pensais pas qu’un jour je recevrais un titre pareil. J’en suis évidemment très fier et honoré. Mais, encore une fois, c’est le fruit du travail de l’ensemble de nos équipes, qui se bagarrent tous les jours pour pouvoir répondre aux attentes de nos clients. En tant que prestataires de services, nous nous devons avant tout d’être qualitatifs.

Comment se porte votre activité dans le contexte actuel ?

En mars, j’ai passé à titre personnel les pires quinze jours de ma vie. J’ai eu de grands moments de doute, de remise en question, parce qu’il a fallu une fois de plus repartir au combat, pour expliquer à nos clients, à nos chargeurs, à nos industriels, que nous n’avions pas d’autres choix que d’augmenter et de revaloriser l’ensemble de nos tarifs, et ce, afin de pouvoir subvenir à nos charges, le prix du carburant ayant pris 58% d’augmentation en quelques heures. Nous n’avions évidemment pas prévu de telles inflations. Et ça a été un vrai problème. Mais nos clients ont fort heureusement tous répondu présents.

Plus que jamais, notre secteur souffre. Quel(s) message(s) souhaiteriez-vous adresser aux Politiques, en marge des élections présidentielle et législatives, afin de soutenir le secteur ?

Sans faire de politique, moi ce qui me gêne de façon globale, c’est de voir qu’on confond l’employeur d’une PME (ce que je suis) avec celui d’une multinationale. Alors que l’un et l’autre n’ont pas les mêmes contraintes, ni les mêmes résultats. Malgré ça, on continue de nous taper dessus en permanence, et c’est une grosse erreur. Le premier employeur français, c’est l’artisanat, et le second, ce sont les PME. Or, de peser en permanence sur l’ensemble des charges sociales ainsi que sur les salariés fait qu’aujourd’hui que notre système arrive à bout de souffle. Nous ne trouvons plus de collaboratrices ou de collaborateurs. Et nous faisons face à une pénurie dans tous les secteurs d’activités. C’est un vrai fléau.

Au-delà de ce sujet, quels seraient, selon vous, les dossiers à traiter de façon prioritaire dans notre secteur ?

En termes d’image, on se doit absolument de faire connaitre notre profession, qu’elle soit surtout mieux comprise par le grand public. Nos métiers sont vraiment méconnus, voire inconnus et mal identifiés… et pourtant ils sont essentiels. Rappelons que 89 % des marchandises transportées sur le territoire national se font via le transport routier.

Nous devons également défendre le « Made in France » et être plus représentatifs encore sur le plan local. Chez nous, tous les conducteurs sont français, nous travaillons avec des industriels français… Et, pour ma part, aussi, je me bagarre pour rester sur nos régions. Autrement dit, sur l’Aquitaine. Cette implantation est primordiale, pour ensuite être capable de satisfaire au quotidien nos différents clients. Ce que j’essaie de faire le mieux possible.

 

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