Interview de Laurent Abbou et Mohamed Aredjal (Le Journal du Poids lourd)

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Interview de Laurent Abbou et Mohamed Aredjal (Le Journal du Poids lourd)

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter brièvement ? Votre parcours, et nous dire ce qui vous a conduit à vous lancer dans le monde de la presse, et plus spécifiquement sur cette vaste thématique qu’est le poids lourd ?

Mohamed : Je m’appelle Mohamed Aredjal et j’ai la chance d’occuper la rédaction en chef du Journal du Poids Lourd depuis 2017. Avant de rejoindre le groupe Journal de l’Automobile, j’ai essentiellement œuvré pour plusieurs magazines dans la presse spécialisée automobile et sportive. Je suis arrivé dans le poids lourd par le biais de l’automobile justement : en 2014, on m’a proposé de travailler pour un supplément dédié à ce marché et j’ai sauté le pas même si je ne connaissais pas le monde du camion. Je ne l’ai jamais regretté !

Laurent : Je suis Laurent Abbou et travaille pour le groupe depuis 2011. Ingénieur de formation, j’ai à mon actif une carrière de près de 10 années dans le milieu bancaire en tant que directeur de projets. J’ai par la suite rejoint le groupe en tant que directeur des opérations. Aujourd’hui je suis heureux d’assurer la présidence du groupe qui comporte 5 titres : Le Journal de l’Automobile, le Journal de la Rechange et de la Réparation, le Journal des Flottes, Pneumatique et, bien entendu, le Journal du Poids Lourd.

Le secteur est assez bien représenté par quelques médias professionnels. Mais qu’est-ce qui fait la spécificité de votre Journal par rapport aux autres ? Et quelle est votre ligne éditoriale ?

Mohamed : Nous bénéficions d’une forte expertise du secteur automobile puisque le groupe Journal de l’Automobile couvre aujourd’hui l’ensemble des segments de cette industrie avec ses différents magazines. Depuis sa création, en 2016, le Journal du Poids Lourd s’est affirmé comme un relais d’information incontournable pour nos lecteurs transporteurs et spécialistes de l’entretien de poids lourds. Notre périodicité trimestrielle permet de prendre du recul sur les effets d'annonce pour analyser les grands mouvements de ce marché du TRM. Le magazine se prête ainsi parfaitement aux analyses approfondies, aux investigations, aux études et à des entretiens avec les grands acteurs de la filière.

Laurent : En 2014, nous avions pris l’initiative de créer un supplément au Journal de la Rechange et de la Réparation, spécifiquement dédié à l’activité après-vente poids lourd. Nous avons ainsi pu évaluer le besoin du marché tant du point de vue éditorial qu’en termes de communication auprès de la cible. Après un accueil particulièrement positif auprès de nos cibles, nous avons entrepris le lancement du Journal du Poids Lourd sur une cible élargie de transporteurs et réparateurs PL. Aujourd’hui, le magazine traite d’un vaste panel de sujets afin de satisfaire à l’ensemble des besoins et problématiques, en matière d’information, des transporteurs. Nous partageons finalement les mêmes valeurs que celles de la FNTR : valoriser la filière et informer celles et ceux qui œuvrent pour le transport routier de marchandises.

A qui vous adressez-vous prioritairement ? Quels sont vos principaux contenus, et pourquoi ceux-là ?

Mohamed : Comme l’expliquait Laurent, le magazine est historiquement destiné aux transporteurs et spécialistes de la réparation de poids lourds. Ce sont deux lectorats que nous avons conservés et qui se sont élargis à de nombreux autres métiers du transport routier de marchandises. Avec l’équipe de rédaction, nous nous fixons pour objectif de prendre délibérément du recul avec l’actualité et de nous donner le temps de l’analyse. Cette approche nous permet de remettre les choses en perspective, de publier des dossiers complets, avec toujours un fort ancrage dans le quotidien de nos lecteurs.

Une petite présentation de votre Journal en quelques chiffres ?

Laurent : Le Journal du Poids Lourd est né en mars 2016, il est édité 4 fois par an et est accompagné d’une newsletter mensuelle. Il est diffusé en moyenne à 16 000 exemplaires et disponible lors des principaux événements de la filière, à l’instar des salons SITL et Solutrans.

Au début de la crise sanitaire, le secteur du TRM a quelque peu été salué, avant d’être à nouveau oublié. Mais avez-vous senti, au travers de vos lecteurs ou autres, un regard nouveau sur le secteur durant cette période ? Et qu’en est-il aujourd’hui ?

Mohamed : Les métiers du transport font partie de ces professions de l’ombre injustement méconnus du grand public. Il faut reconnaître que la crise sanitaire, et en particulier le premier confinement, a été l’opportunité pour cette filière de mettre en lumière son implication quotidienne pour assurer la continuité d’approvisionnement de tout le pays. Il est dommage que le gouvernement n’ait pas tenu compte de cet engagement lors de la présentation de ses plans de relance. De leur côté, nos lecteurs ont malgré tout eu le sentiment d’être reconsidérés et ont fait l’objet de manifestations de gratitude de leurs clients, partenaires et parfois du grand public, qui n’ont pas oubliés que les chauffeurs sont restés mobilisés pendant ces semaines de confinement malgré les risques.

Parole libre : un dernier mot à ajouter ? Des précisions que vous souhaiteriez partager avec nos adhérents et nos lecteurs en général ?

Mohamed : C’est une certitude, le premier confinement a permis de redéfinir la valeur de nos métiers grâce notamment à l’apparition des « secteurs essentiels ». La crise a révélé leur caractère incontournable des métiers du transport et ce changement de regard peut (doit ?) transformer durablement notre système de valeurs. La filière est trop souvent perçue à travers un prisme négatif (pollution, nuisance sonore, etc.) et nous espérons bien, de notre côté, faire bouger les lignes et contribuer à cette requalification d’une profession dont l’utilité sociale n’est désormais plus à prouver.

Laurent : Le Journal du Poids Lourd n'a pas fini d’évoluer, comme l’ensemble de nos titres, nous l’enrichissons chaque année avec l’aide de Mohamed, dont je souligne l’implication sans faille. Nous développons progressivement une approche media 360° avec le développement du digital et de l’évènementiel.

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