La spécialité : marchés, matériels, réglementations et formations spécifiques
Le transport des animaux vivants en Europe a fait l’objet d’un rapport détaillé rédigé par Pierre Laporte, expert français, pour l’Union européenne des commerçants en bestiaux et en viande.
Ce document, largement diffusé (notamment aux professionnels inscrits à la CNS et aux syndicats FNTR) fournit les chiffres des mouvements d’animaux par O/D et par espèce, et insiste sur l’importance économique de ces mouvements entre lieux de naissance, lieux d’engraissement et lieux d’abattage : la grande exportation, en particulier, est essentielle aux équilibres économiques des filières de production animale, mais entraîne des voyages de plus de 8h, objets de toutes les contestations écologiques voire technocratiques. Il est exact que la qualité du transport, comme la durée des repos après le voyage et avant l’abattage, est l’une des clés de la qualité de la viande abattue.
De ce fait, le transport des animaux se trouve intégré aux « food laws » européennes, qui veulent renforcer la qualité et la protection sanitaires des aliments « du champ à l’assiette » ou « de la fourche à la fourchette ».
D’où par exemple des exigences en matière de traçabilité, mais également en terme de durée des transports (moins ou plus de 8h), d’équipement des bétaillères, de formation des personnels (convoyeurs), de densité des chargements, pour améliorer le « bien-être animal » pendant le transport.
S’agissant des transports de ramasse, locale ou régionale, qui font l’essentiel de l’activité, l’impact est faible, s’agissant de la longue distance intra communautaire, qui fait le socle des résultats, le social transport français est discriminant, les règles européennes voulant calquer les rythmes des trajets et de repos des animaux sur celui des conducteurs : on retombe sur la question générale du pavillon national.
Les entreprises concernées
Il s’agit de PME et TPET, dans la profondeur du tissu rural : leurs difficultés, et plus encore leur disparition, ne font pas de bruit. Après les crises sanitaires qui ont ravagé les filières animales (ESB et fièvre aphteuse) un certain nombre d’entreprises ont disparu, soit par cessation d’activité soit par sortie du marché pour d’autres spécialités du TRM.
Sur le plan local, les transporteurs professionnels sont concurrencés par les coopératives agricoles et les marchands de bestiaux : la frontière compte propre- compte d’autrui est floue.
Sur le plan intra européen, ce sont des espagnols qui importent les porcelets bretons vers l’Espagne, et des allemands qui transportent les troupeaux limousins pour reconstituer les troupeaux ukrainiens.
Thèmes de travail en cours
L’essentiel tient à la participation aux travaux relatifs à la mise en oeuvre du règlement européen 1-2005 qui risque de sévériser les conditions de transport de plus de 8h de façon telle que le social transport français élimine les entreprises françaises de ce segment :
- Au niveau français, en concertation avec la DGAL et le cabinet du ministre de l’Agriculture
- Au niveau européen, en direction de la commission et du PE, par le bureau FNTR de Bruxelles et via l’European Livestocks Transport Group (lié à l’IRU)
Le saviez-vous ?
La commission regroupe quelque 40 entreprises, essentiellement transport de bovins, de porcs, un peu d’ovins et de volailles.
Elle se réunit traditionnellement lors du Salon International de l’Agriculture (15 à 20 présents, selon la conjoncture), et élit, tous les 2 ans, un conseil de 8 membres, qui assure le travail quotidien, par télécopie ou conférence téléphonique.
Elle est reconnue comme interlocuteur des pouvoirs publics et de son environnement professionnel dans sa spécialité.