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Voitures et camions connectés dans l’Union européenne

Voitures et camions connectés dans l’Union européenne

Le groupe politique des libéraux et démocrates européens (ADLE) organisait jeudi 16 juin dernier un évènement sur la révolution digitale de l’automobile et notamment du développement des voitures et camions autonomes et connectés au sein de l’Union européenne. Pour Guy Verhofstadt, président du groupe ADLE, l’Union européenne possède des technologies et capacités suffisantes pour penser la compétition au niveau européen. L’enjeux maintenant c’est d’éviter que des outils innovants, à l’image de Spotify ou Skype (tous deux européens), soient trop convoités ou rachetés par des concurrents tels que les Etats-Unis ou le Japon.

Un développement à harmoniser

Le commissaire européen à l’économie digitale, Günther Oettinger, a pour sa part précisé que la voiture « numérique » doit être organisée au niveau européen. C’est pourquoi il est important de penser la règlementation européenne dans son ensemble et d’impliquer tous les partenaires dans cette révolution numérique.

Pour que la connectivité soit la plus centralisée possible, une convergence entre le secteur des télécommunications et celui de l’automobile est indispensable. La Commission européenne souhaite donc que les politiques des fréquences (3G/ 4G/5G) soient harmonisées au niveau européen. Enfin, pour appréhender au mieux cette révolution, la Commission européenne encourage la mise en place d’un droit civil européen numérique afin de penser la propriété des données.

Le poste du conducteur de poids lourds évolue

Enfin, le commissaire européen a déclaré que les camions connectés arriveront bien avant les voitures connectées, grâce aux nombreux essais en conditions réelles de conduite comme le « truck platooning ». Günther Oettinger a expliqué que dans les prochaines décennies le conducteur de poids lourds sera toujours présent dans la cabine, mais qu’il occupera plus les fonctions d’un gestionnaire logistique (organisation déchargement/ communication clients-fournisseurs) que d’un chauffeur routier.

De son côté, Erik Jonnaert de l’ACEA (Association des Constructeurs Européens d’Automobiles) a rappelé que les voitures autonomes et connectées permettaient de mieux répondre aux enjeux de décarbonation du transport et qu’il était important que l’ensemble des parties prenantes travaillent ensemble.

L’impact sur le secteur des assurances

Enfin, un représentant du groupe Zurich Insurance était présent pour expliquer comment ces technologies impacteront à l’avenir sur le secteur des assurances. Il considère qu’il n’y aura pas de véhicules connectés sans accident pour deux raisons. D’une part, la voiture connectée à l’image de l’ordinateur subira quelques fois des dysfonctionnements. D’autre part, la circulation ne sera pas tout de suite assurée à 100% par des voitures autonomes : un partage de la circulation entre voitures connectées et celles qui ne le sont pas sera maintenu durant plusieurs décennies.  Le représentant du groupe Zurich Insurance assure que cette technologie amènera plus d’individus à utiliser la voiture et que ceci pourrait bien conduire à l’âge d’or de la voiture. Cette technologie présente toutefois des avantages pour les assureurs. En effet, grâce aux voitures connectées et autonomes, ils seront plus à même de comprendre le risque et de détailler au mieux le prix de leur assurance.