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Grand Paris : le Conseil de Paris demande un plan zéro diesel... mais décide d’éloigner les lieux d’expédition de ceux de livraison

Le dernier Conseil de Paris a validé, après de houleux débats entre élus, le projet de réaménagement de Bercy/Charenton secteur stratégique dans la construction du Grand Paris. A donc été validé l’expropriation des entreprises de logistique du dernier kilomètre qui avaient réussi à y maintenir une présence permettant de livrer le cœur de Paris avec des véhicules propres, souvent électriques avec une faible autonomie pour répondre aux engagements du Zéro Diesel.

Le Grand Paris est un projet initié de longue date, afin de porter la région Capitale à un haut niveau de services immobiliers et de mobilité associés.

L’activité logistique francilienne repoussée hors des murs de Paris et de la petite couronne parisienne depuis ces 20 dernières années

La logistique nécessaire à cette évolution, notamment la logistique urbaine ou le dernier kilomètre de livraison, est tout aussi stratégique que l’immobilier et la mobilité des personnes. La haute qualité de ces services logistiques se doit d’être à hauteur des exigences liées aux évolutions de consommation, à la vitalité de l’économie et aux besoins d’emplois, avec une utilisation raisonnée des infrastructures et une forte implication dans l’amélioration de la qualité de l’air.

Or, l’activité logistique en Ile-de-France est repoussée hors des murs de Paris et de la petite couronne parisienne depuis ces 20 dernières années, vers la grande couronne voire vers les régions limitrophes, sous la pression foncière. Cette activité a pourtant besoin d’emprises foncières au plus près des bassins de consommation.

L’aberration du projet Bercy Charenton : une situation loin d’être isolée

En dernier exemple, le projet Bercy/Charenton, là précisément où des entreprises de logistique du dernier kilomètre avaient réussi à maintenir une présence pour des activités qui permettaient de livrer le cœur de Paris avec des véhicules propres, souvent électriques avec donc d’une faible autonomie pour répondre aux engagements du Zéro Diesel, l’attribution du marché a été faite à un projet  de bâtiments à usage d’habitation et de services, expropriant ainsi les acteurs de la logistique urbaine à l’exception d’une exploitation de taille réduite. Cette situation s’est malheureusement déjà produite de trop nombreuses fois et d’autres quartiers en rénovation ou en reconversion risquent d’exproprier d’autres activités de logistique urbaine vers des zones encore plus éloignées.

La FNTR demande un vrai plan stratégique « logistique urbaine » à l’échelle de la Métropole, qui sauvegarde un dernier kilomètre le plus court et le plus durable possible. On ne saurait demander aux entreprises de déployer un plan « zéro diesel » à horizon 2024, si les lieux d’expédition sont de plus en plus éloignés des lieux de distribution.