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Gestion du réseau routier national non concédé : où va l'argent ?

EDITO DE LA FNTR DU 27/04/2016

Gestion du réseau routier national non concédé : où va l'argent ?

A l’occasion de la première réunion du comité d’évaluation de la politique publique de gestion du réseau routier national non concédé, on apprend que les Pouvoirs publics s’inquiètent du fait qu’« en dépit des moyens importants qui lui sont alloués, la qualité des routes nationales non concédées s’est affaiblie ces dernières années ».  Or, dans le même temps, le Gouvernement annonce avoir lancé en 2015, 150 chantiers routiers et fluviaux supplémentaires grâce à une enveloppe exceptionnelle de 100 millions d’€ versée par les sociétés d’autoroutes, et débloqué en 2016,  150 millions d’€ pour la réalisation de plus de 400 chantiers routiers et fluviaux. Si l’on regarde le budget de l’Agence Française de Financement des Infrastructures, qui consacre déjà plus de 650 millions d’€  aux routes, les chiffres sont impressionnants.

Rappelons que le réseau national non concédé représente 12 000 kilomètres de voirie. Et rappelons que, grâce à l’augmentation de 4 cts d’€ de la fiscalité sur le carburant au 1er janvier 2015, c’est un surcoût de 300 millions d’€  que la Profession met au pot pour le financement des infrastructures. On ne peut donc pas manquer de s’étonner de voir d’une part, que la qualité du réseau se dégrade et, d’autre part, qu’on ne soit pas loin de demander un peu plus d’argent aux entreprises de transport, notamment par la lubie des écotaxes régionales.

Le calcul est simple : les entreprises de transport routier de marchandises versent 300 millions d’euros en plus par an, et de l’autre côté, on nous annonce pour 2016, une générosité de l’Etat à hauteur de 100 millions supplémentaires. Les entreprises de transport savent compter et posent la question : où est passé le reste ?

Manifestement, ailleurs dans le budget de l’Etat. Ce qui est le cas de toutes les taxes, diverses, variées voire bizarres qui existent. Clairement, si ce que paie le secteur était intégralement affecté à la route, nul doute que le réseau serait à la hauteur des attentes des usagers, en qualité et en sécurité. Car, en totalisant tout ce qui est payé en termes de TICPE, taxe carbone, taxe à l’essieu, péage des autoroutes, c’est au total plus de 5 milliards d’euros par an qui est acquitté par les entreprises privées, dont les marges sont dramatiquement faibles.

Venir alors évoquer d’un côté une taxation supplémentaire, ou encore donner l’impression qu’on ouvre les vannes pour améliorer le réseau relève au mieux de l’inconscience ou au pire de la provocation. A moins que ce ne soit que de la communication.