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Elections 2012 : la FNTR fait des propositions



La FNTR porte la voix des entreprises de transport routier de marchandises dans le débat public. La FNTR a donc interpellé les candidats à l’élection présidentielle en leur soumettant les propositions de la FNTR pour rendre aux entreprises de transport routier françaises leur compétitivité.


Ces propositions sont détaillées dans le document programme « A la reconquête de la compétitivité » que chaque candidat a eu entre les mains.


Ces propositions peuvent constituer le programme de travail gouvernemental pour notre secteur dans les 5 ans qui viennent.


A retenir


Le salut de nos entreprises passe par une baisse du coût du travail, à niveau de salaire et de protection sociale constant, et une remise à l’heure européenne de la réglementation sociale pour éviter de se retrouver à l’heure de Bucarest.


Ce sont là les deux principales mesures que nous préconisons et qui permettrait à notre secteur de regagner de la compétitivité, de créer des emplois et de conforter sa démarche de développement durable.


Le contexte


Dans un contexte économique de crise particulièrement sévère (1/3 des entreprises de transport routier sont, d’après une étude de la Banque de France de 2011, en situation de rupture), l’horizon des chefs d’entreprises est assombri par des échéances rapprochées et concomitantes : la mise en œuvre de la taxe poids lourds au 1er juillet 2013, la libéralisation totale du cabotage en 2014 et l’envolée du coût du gazole.


La période 2012-2014 est donc pour nous lourde de menaces et de difficultés supplémentaires.


Pour faire face à ces échéances engageantes, nos entreprises auront besoin, au sein du prochain gouvernement, d’un ministre des transports de plein exercice en capacité de prendre les décisions énergiques qui s’imposent et de lancer une véritable politique en faveur de la compétitivité de nos entreprises Le transport routier est une activité mobile. Nos entreprises, dans un marché européen ouvert et libéralisé, sont donc concurrencées directement sur le territoire national par leurs homologues européennes et à des coûts européens. Deux chiffres résument la situation. Entre 1992 et 2010, la part du pavillon français a chuté de 68% à l’international. En 2010, la part de marché du pavillon français dans les flux au départ et à destination de la France atteignait seulement 17,4%. 20 ans auparavant, cette part était de 53%. Nous sommes aujourd’hui concurrencés directement sur le marché national.


Tout comme les activités industrielles, le transport routier est aux premières loges de la mondialisation. Avec les mêmes phénomènes de délocalisation nuisibles à l’emploi français qui touchent l’industrie.


Compétitivité des entreprises, progrès social et développement durable sont indissociablement liés, dans un secteur soumis à une forte concurrence européenne


Un secteur clef de l’économie française


Avec plus de 400 000 salariés, il se situe en termes d’emploi avant l’industrie chimique, pharmaceutique ou encore automobile. Avec plus de 36 000 entreprises, il est un acteur majeur de l’aménagement et de la desserte du territoire. Il offre encore, partout en France, à de nombreux jeunes peu diplômés des formations qualifiantes.


Comme tout mode de transport (aérien, maritime…), le transport routier est un secteur, qui pour fonctionner harmonieusement, doit être structurellement en surcapacité d’offre. Il connaît donc de fortes tensions concurrentielles et les marges y sont par conséquent particulièrement faibles : de l’ordre de 1%.


Nos entreprises sont donc particulièrement vulnérables à toute variation conjoncturelle, quelle qu’elle soit : hausse des coûts, chute de l’activité, ouverture du marché. Le transport routier est également un secteur dans lequel la fiscalité y est 4,5 fois plus élevée que dans les autres secteurs de l’économie. En intégrant les charges patronales, la fiscalité y représente 20% du chiffre d’affaire hors taxe, alors que pour l’ensemble de l‘économie, cette part est inférieure à 10%.


La mobilité, vecteur de progrès


C’est vrai pour les idées et les technologies ; c’est vrai aussi pour les flux de marchandises. L’objectif de nos entreprises est aujourd’hui de conforter les progrès de la mobilité tout en réduisant les nuisances collatérales, notamment vis-à-vis de l’environnement.


Une entreprise de transport n‘a pas pour vocation de faire circuler des camions mais bien de mettre à disposition des marchandises en bon lieu et bonne date, au moyen de la technique et du mode les plus pertinents. Il faut également souligner qu’aucun mode n’est universel et ne peut apporter une réponse monolithique au regard des enjeux économiques, sociaux et environnementaux.


Si le report modal doit être un élément constitutif de toute politique de transport, et s’il est en soi positif, il n’en reste toutefois pas moins structurellement limité. On estime en effet à 5% les volumes de trafic terrestre susceptibles d’être transférés vers le rail. Au-delà de la politique menée et des moyens mobilisés, il sera difficile et aléatoire d’aller sensiblement au-delà. Un chiffre permet de le comprendre : 78% des volumes à transporter sont acheminés sur moins de 150 km, dans un rayon où le rail et le fluvial sont inopérants.


Le transport routier est et restera donc le mode premier.