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Edito FNTR : Where is Brian ?

Edito FNTR : Where is Brian ?

Edito FNTR du 24/05/18

Ceux qui ont allumé la télévision dans la journée du samedi 19 mai n’ont pas manqué d’être surpris. Pas une chaîne où on ne nous bassinait pas avec le mariage d’« Harry et Meghan » (notez qu’on les appelle par leur prénom comme si on les connaissait personnellement). Ça semble plus « up-to-date » que le mariage de Zézette et Roger au caméscope. Pour autant, voir autant de médias français commenter pendant des heures cet évènement pouvait faire croire qu’on était tous devenus anglais. A noter : notre grande frustration -ou plutôt celle des journalistes- de n’avoir pas pu suivre le diner privé.

Ce qui gêne là-dedans, c’est que manifestement ce jour-là, il ne se passait rien d’autre ni en France ni dans le monde. On pourrait répliquer que ce genre de retransmission fait oublier pour un temps, les grèves, les agressions, et l’augmentation constante du prix du carburant. Peut-être... Mais en même temps - comme dirait quelqu’un- l’Angleterre a quitté l’Europe en claquant la porte avec toutes les conséquences désastreuses pour nous et pour eux. L’accord sur le Brexit peine à se concrétiser et en cas de « no deal », on va tous être vite rattrapés par la patrouille à cheval.

Pour exemple dans le transport routier de marchandises, si aucun accord douanier n’est conclu, dans moins d’un an, ce seront 8 500 camions par jour qui seront stockés au passage Transmanche. Mais non, on vous montre le mariage princier britannique comme si de rien n’était, comme si c’était ça l’Angleterre d’aujourd’hui, voire de demain. Personne ne s’étonne de ce décalage. Ni ne tique quand on apprend que, non content d’être Prince, le marié devient comte de Dumbarton et baron de Kilkeel et que son épouse deviendra duchesse mais pas princesse « à cause de ses origines roturières » (source Buckingham Palace). Comme c’est intéressant ! Ou l’art de parler de n’importe quoi pour ne surtout pas parler de l’essentiel.

Au final, il y a ceux qui tentent de vendre de la diversion et du rêve ; il y a aussi ceux qui s’en fichent. Mais aussi ceux qui s’en inquiètent. Car une chose est sûre : leur « tailor is rich », mais leur « road hauliers » (transporteurs routiers) sont certainement aussi peu « rich » que les nôtres. Et le Brexit ne va faire qu’empirer les choses for everybody.

Florence Berthelot