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Edito FNTR : « On va tous mourir ! »... (mais le plus tard possible...)

Edito FNTR : « On va tous mourir ! »... (mais le plus tard possible...)

EDITO DE LA FNTR DU 20/10/2016

Pas une assemblée de transporteurs, pas une réunion de conseil d’administration de syndicat local, sans entendre la phrase « on va tous mourir ! ». L’expression n’est pas nouvelle. Elle révèle la colère, la frustration, et surtout l’inquiétude d’une Profession qui se vit mal. Tout y passe : la concurrence étrangère, les VUL, les grands groupes, Paris, le gouvernement, l’Europe, les taxes, la pénibilité, les chargeurs, les plates-formes électroniques, les contrôles (trop sur soi-même, pas assez sur les autres...), l’ubérisation. Et -parce que finalement ce sont elles les plus proches-  les organisations professionnelles « qui ne font rien », et dont on se demande ce qu’elles fabriquent à Bruxelles ou dans la capitale...

Les acquis de la Profession (répercussion gazole, action directe en paiement, délais de paiement) sont balayés d’un revers de main. Idem pour les actions menées (resserrement des conditions de cabotage, allègement de la fiscalité et des charges, adaptation des contrôles, et la liste est longue !). Quant aux demandes formulées, elles s’avèrent compliquées, allant de l’anéantissement pur et simple de la concurrence quelle qu’en soit la forme, à la fixation de prix de vente obligatoires...

De prime abord, on peut éprouver un sentiment d’injustice tant les professionnels et les permanents qui s’investissent dans l’action professionnelle ne comptent ni leur temps, ni leur énergie au service des entreprises de transport. Après l’écoute attentive de ces sentiments négatifs, vient l’explication et la pédagogie de ce qui est fait au quotidien, sur les multiples axes d’interventions au niveau français et européens qui sont naturellement ceux d’une organisation professionnelle. Un fait demeure têtu : le temps de l’entreprise va beaucoup plus vite que le temps politique, les débats parlementaires, les études d’impact européennes... Mais il faut continuer.

A l’issue de ces assemblées et conseils, lorsqu’on discute individuellement avec les transporteurs, TPE ou PME, on s’aperçoit que chacun, à son niveau, développe des stratégies pour tenir bon, pour justement ne pas mourir. C’est l’âme de l’entrepreneuriat : s’adapter, se déployer sur de nouveaux marchés, trouver un créneau ou une niche. L’expression collective est désespérée. L’expression individuelle est volontariste. Cela justifie d’autant plus fort l’engagement au service d’une Profession qui souffre mais qui entend bien se battre. Mais chaque entreprise, à son niveau, doit savoir mettre un tout petit peu de son énergie individuelle au service du collectif, aux côtés de ceux qui se battent pour elles. Une certitude : on aura encore longtemps besoin du transport routier. Alors oui c’est sûr, et inévitable, on mourra un jour. Mais pas tout de suite... Donc, en attendant, il faut agir !