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Edito FNTR : Un camion qui a fait le tour du monde

EDITO DE LA FNTR DU 29/03/2017

Le transport ne se réduit pas à nos belles machines, c’est aussi et surtout l’organisation ultra-sophistiquée des flux de marchandises.

Qu’est ce qui a une tête jaune citron, qui monte dans un camion et qui fait « vroum- vroum » ? Donald Trump, recevant une délégation de routiers et d’entreprises de transport venus évoquer l’abandon possible de l’ « Obama care », l’assurance maladie instaurée par le précèdent Président américain. Les images, prises le 23 mars, ont fait le tour du monde et ont été largement détournées par les internautes. En tout cas, Monsieur Trump semble s’être bien amusé. Moins vue et moins relayée, l’image du même portant, lors de la réunion, un pin’s disant fièrement « I love Trucks » c’est à dire « J’adore les camions » (traduction libre). Et ses déclarations enflammées aux transporteurs
« Personne ne connaît l’Amérique comme les camionneurs connaissent l’Amérique. Vous la voyez tous les jours. Vous en voyez chaque colline, chaque vallée et vous voyez chaque nid-de-poule des routes qui ont été construites ».
Ce n’est pas en Europe que l’on verrait cela. 
Et particulièrement en France où à l’évocation du mot « nid-de-poule » on nous parlerait immédiatement écotaxe. Et question engin de locomotion, nos politiques préfèrent le Velib, la Formule 1 ou... le scooter. Loin de nous l’idée de célébrer M. Trump et ses actions de communication. Car ce n’est que cela.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est que dès qu’un homme, politique ou non, monte dans un camion, il redevient un enfant. On n’a pas joué qu’avec des trains électriques. Ce serait bien si ces enchantements d’enfance ne se perdaient pas en grandissant vers un discours anti-camion, ou une déconsidération des hommes et des femmes œuvrant dans les entreprises de transport. Car le transport ne se réduit pas à nos belles machines. Le transport c’est aussi et surtout, l’organisation ultra-sophistiquée des flux de marchandises à destination des entreprises et des particuliers, dans les conditions optimales de sécurité, de rapidité et ce, dans le respect de l’environnement. Pour conclure, on pourrait s’interroger sur la narration qu’aura fait de sa journée le Président américain à son entourage. S’il est vraiment tel qu’on le décrit, il aura demandé : « Dites camion... ».

Florence Berthelot