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Edito FNTR : Treize à table

Edito FNTR du 25/01/2018

En ce moment, dans les grands chantiers menés, que ce soit sur la préparation de la Loi d’orientation des mobilités ou lors des négociations sur la énième réforme de la formation professionnelle, on entend beaucoup parler des Régions. Avec un grand R. Clairement, les treize Régions issues de la dernière réforme territoriale font leur lobbying pour devenir autorité organisatrice de mobilité, avoir la gestion des routes, et/ou pour obtenir les plus larges prérogatives dans la gestion des fonds de la formation professionnelle. Les débats sont assez abscons pour les citoyens mais qu’on ne s’y trompe pas. Il y a d’abord des enjeux de pouvoir. On n’en est pas encore à un État fédéral mais les revendications sont lourdes. Et sans doute pas dénuées d’arrière-pensée.

Qui dit prérogatives dit nécessité d’avoir les moyens. Et c’est là que les choses se corsent : les Régions, qui ont vu baisser leurs dotations de la part de l’État, ne cessent de dire qu’elles n’ont pas d’argent. D’où l’idée de récréer l’écotaxe au niveau régional, ou une vignette ou n’importe quoi qui rapporte de l’argent. Au-delà des arguments largement exposés par la FNTR, plusieurs remarques. La moitié de la TICPE collectée en France (soit environ 13 milliards d’euros) redescend déjà vers les Régions et les départements (avec un petit d ?). Le MEDEF soulignait de son côté que la fiscalité des entreprises acquittées auprès des collectivités atteignait en 2016 47,5 milliards d'euros. Ce ne sont tout de même pas de petites sommes. Et la fiscalité locale augmente (et augmentera) plus vite que toute autre fiscalité. Au niveau des opérateurs économiques, tout ce qu’on voit c’est qu’on paie, et qu’on nous en demande toujours plus, comme s’il n’y en avait jamais assez. En soi, payer c’est normal. Mais c’est ce qui est ensuite fait des recettes qui doit être examiné.

Concernant la mobilité, s’il s’agit de continuer à financer des TER ou d’autres transports publics lourdement déficitaires, ou encore d’assommer les entrepôts logistiques par des redressements indus, et ce au lieu de promouvoir des solutions plus agiles, c’est sûr que, comme disent les jeunes, « ça ne va pas le faire » …La compétitivité des territoires passe par une concertation entre le public et le privé et une vraie politique d’attractivité. Et pas par plus de taxes.

Florence Berthelot