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Edito FNTR : Texto

Edito FNTR : Texto

EDITO FNTR du 4 octobre 2019

« Peux pas te répondre. Suis dans la salle d’attente d’eunuque médecin ». « Pas grave, on se viols tout à l’heure… » Hein ? Est-ce la dernière mise à jour des smartphones ? Le fait est que lorsqu’on écrit un texto (SMS en français), la saisie automatique et le correcteur d’orthographe nous en font voir de toutes les couleurs. Il suffit qu’avec nos doigts toujours trop gros pour des claviers riquiqui, on tape sur une mauvaise lettre, et voilà qu’on vous propose des mots qui sont de plus en plus « hors contexte ». Et si on n’y prend pas garde, nos messages envoyés sans relecture préalable deviennent parfaitement incohérents voire extrêmement gênants. « J’ai parcouru la loi de finasse : ils ont bien prévu le rabotage des deux centimètres » Ce n’est plus le projet de loi de finances, c’est de la menuiserie. « Il ne faut pas qu’ils touchent à notre gazon professionnel ! » ; Zut, je voulais dire « gazole ». Reprenons « Il va bien falloir quand même que l’Administration travaille sur notre contrepèterie » .

C’est un festival ! « Pardon ! évidemment je voulais dire notre contreproposition ». Les SMS, c’est certes pratique quand on ne peut pas téléphoner, mais c’est indiscutablement piégeux. Bon, il va falloir faire deux fois plus attention. Avec un peu de chance, on tombe sur un interlocuteur qui a rencontré le même problème (« Viendrez-vous avec ou dans vos Présidents ? »). Sauf que parfois, on a tout bien écrit, on s’est bien relu, mais ... « J’espère que ta chambre sera enfin rangée quand je rentrerai à la maison. » Réponse d’un responsable d’Administration : « Je pense que vous vous êtes trompé de destinataire… ». Flûte à la fin, je pensais écrire à mon fils ! Qui, lui, a reçu « confirmation du rendez-vous de mercredi ». Enfin, lui il ne s’étonne plus de rien… Décidemment, dans tous les cas, il ne faut pas abuser de ces technologies. Autant faire comme on faisait avant, on se téléphérique. Bon, on s’appelle quoi…

Florence Berthelot