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Edito FNTR : A-t-on vraiment besoin d’un Ministère de l’Ecologie ?

Edito FNTR : A-t-on vraiment besoin d’un Ministère de l’Ecologie ?

EDITO FNTR du 19 juillet 2019

Petit quizz : qui fut le premier Ministre délégué chargé de la Protection de la nature et de l'Environnement en France ? Réponse : Robert Poujade. C’était en 1971. Depuis (soit depuis 48 ans), ce sont 32 Ministres ou Secrétaires d’Etat qui se sont succédés à ce poste sous divers intitulés « Ecologie », « Environnement », « Transition écologique et solidaire ». Soit une moyenne de 18 mois en poste. Le mandat le plus court fut celui d’Alain Bombard en 1981 (1 mois). Voilà maintenant qu’au début de la troisième année du quinquennat d’Emmanuel Macron, après Nicolas Hulot et François de Rugy, Elisabeth Borne accède à ce portefeuille tout en conservant celui des Transports.

Stupeur dans le tout-Paris. Comment est-ce possible ? Comment peut-on traiter l’écologie et les transports ensemble ? Est-ce compatible ? Cet étonnement est étonnant : le Ministère ou le Secrétariat d’Etat aux Transports dépendent du Ministère de l’Ecologie depuis plus de 12 ans ! La seule nouveauté, et on peut le saluer, c’est que c’est bien la première fois qu’une Ministre des Transports devient Ministre de l’Ecologie. Cependant, vu le « turn over » à ce poste, et l’impossibilité d’avoir de ce fait une continuité politique, on se demande vraiment si ce Ministère devrait continuer d’exister en tant que tel. Car l’Ecologie est un sujet désormais tellement transversal qu’il devrait irriguer tous les ministères, et gouverner toutes les politiques du Gouvernement dans tous les domaines. La coordination se ferait alors au niveau du Premier Ministre. Cela nous éviterait de perdre notre temps, sur des durées de plus en plus courtes, à assister aux entrées sorties de Ministres éphémères avec des stratégies et des priorités qui changent tous les quatre matins. Mais une telle mesure de rupture apparaitrait symboliquement comme un abandon. Il semble tellement important d’avoir un Ministère dédié !

En attendant, on a une Ministre de l’Ecologie…. et des Transports. Et finalement, c’est tout à fait normal. Car les transports sont une des clés indispensables d’une vraie politique de transition énergétique et écologique. Il n’y a rien d’antinomique là-dedans. C’est au contraire totalement logique. Ceux qui en doutent ou qui s’offusquent semblent ne pas comprendre qu’il faut une action coordonnée d’ensemble, et non pas dresser les secteurs les uns contres les autres. Les « Purs » contre les « Impurs ». Elisabeth Borne sera la trente-troisième Ministre de l’Ecologie. Mais la rentrée dans les transports et particulièrement dans les transports routiers sera agitée, et c’est bien elle qui aura à gérer cette situation.

Florence Berthelot