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Edito FNTR : Soap opera

Edito FNTR : Soap opera

Edito FNTR du 27/09/18

En France, nous avons ces derniers temps la manie des « journées sans... ». Journée sans voiture, journée sans déchets, ou encore journées sans... cheminots. Mais il serait bon de se préoccuper de nombreuses journées à venir... sans le Royaume-Uni en Europe.

Les négociations entre l’Europe et nos voisins insulaires sur le Brexit ressemblent à ce qu’on appelle un soap opera. Le suspens est constant. Une semaine on nous annonce un « deal » dans la perspective de garder une fluidité d’aller et venir pour les personnes, les capitaux, les biens et les camions. La semaine d’après, c’est le contraire, et le « no deal » semble tenir la corde. Le feuilleton n’est pas très bon. Certes, ce n’est pas l’histoire du jumeau inconnu du chirurgien décédé qui ranime le cœur de l’infirmière dont la sœur n’est autre que la mère de l’anesthésiste qui lui-même cache son passé vu qu’il a fait de la prison pour avoir mis le feu à l’hôpital (on peut broder indéfiniment), mais pour les opérateurs économiques et notamment les transporteurs il devient franchement pénible de n’avoir aucune vraie perspective. Il est plus qu’agaçant de ne pas savoir si en mars 2019, des files de camions créeront des embouteillages géants des deux côtés de la Manche du fait de contrôles douaniers, phytosanitaires, documentaires etc...

La réalité va rattraper tout le monde. Il est assez surréaliste d’obtenir des réponses telles que « le problème c’est l’Irlande » vu que ce pays connait la situation insolite d’être le lieu de la seule frontière terrestre entre la Grande-Bretagne et l’Europe. La responsabilité de cette situation est partagée des deux côtés de la table. Mais peu nous importe. Faute d’avoir trouvé un deal au plus tard en novembre (car ensuite un éventuel accord doit être soumis aux Parlements concernés), il y a tout lieu de croire qu’une vraie catastrophe est en vue pour le transport routier entre le Continent et Albion. A moins bien sûr qu’on ne décide de jouer les prolongations par des dispositions transitoires afin de poursuivre les discussions. Un humoriste disait « un gentleman est quelqu’un qui sait jouer de la cornemuse, mais qui n’en joue pas ». C’est amusant et ça n’a rien à voir avec ce qui précède. Quoique...

Florence Berthelot