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Edito FNTR : Si vous l’avez, c’est qu’un camion vous l’a apporté...

EDITO DE LA FNTR DU 10/09/2017

Edito FNTR : Si vous l’avez, c’est qu’un camion vous l’a apporté...

Nous vivons dans un monde étonnant. Au gré des conversations en famille ou entre amis, en tous cas avec des personnes qui ne connaissent pas le secteur, à l’évocation du transport routier de marchandises, on entend un peu de tout. Et beaucoup de n’importe quoi… « Quand je vois tous ces camions sur l’autoroute quand je pars en vacances, je me dis qu’il faudrait les taxer pour qu’il y en ait moins ! ». Ou encore « les camions ça abîme les routes ». Le pompon c’est toujours le même cliché « il faudrait mettre les camions sur les trains ».

Avec les années, vous avez pris l’habitude de démontrer que c’est la marchandise qu’il faut mettre sur le train, et non pas le véhicule et tout son poids mort, que les routes sont faites pour être utilisées, et qu’elles le sont d’ailleurs beaucoup plus par les voitures particulières, plus nombreuses que les poids lourds. Si par ailleurs, vous tentez d’avancer que les camions sont de plus en plus propres, moins gourmands, et moins bruyants, on vous reproche de « faire l’article ».

Il y a un argument néanmoins qui permet quand même de remettre les choses à leur place. Faites l’essai. L’idéal est de prendre alors un air profondément réfléchi, et de poser la question ainsi « vous voulez moins de camions ? ». Une pause bien sentie. « Eh bien arrêtez de consommer ! ». Généralement, les réactions qui suivent sont assez amusantes. De la stupéfaction aux grognements, la solution ne plait pas. Evidemment, rappeler que dès qu’on consomme, on génère évidemment du transport -et inévitablement du transport routier- est d’un mauvais goût total. Les choses n’arrivent pas encore par magie ou par téléportation. Les solutions proposées comme alternatives ne peuvent pas encore se substituer à un mode qui apporte 99% des besoins quotidiens. C’est bête comme chou. Ou c’est simplement du bon sens. Après, on peut se lancer dans des tas d’incantations, rien n’y fait. Les faits sont têtus. Si vous l’avez, c’est qu’un camion vous l’a apporté. Et si vous ne voulez pas de camions, alors il va falloir sacrément vous priver, y compris de l’essentiel. Des candidats ?

Florence Berthelot