Vous êtes ici

Edito FNTR : Shopping de nuit

Edito FNTR : Shopping de nuit

Edito FNTR du 05/04/19

Et voilà ! Pour une raison inconnue, l’insomnie vous prend. Après avoir compté tous les moutons de Nouvelle-Zélande, vous finissez par vous relever et vous allumez la télévision en pleine nuit. Là, vous arrivez dans un autre monde, celui de la consommation effrénée.

Vos chaines habituelles sont transformées en chaine de télé-achat. Les yeux hébétés et rougis, vous découvrez des tas de produits dont on tente de vous convaincre qu’ils sont indispensables. Comme c’est la nuit et que vous êtes quand même à plat, votre cerveau serait presque sensible aux arguments de vente. Allez-vous vivre sans ces couteaux japonais si performants qu’ils coupent en deux des chaussures voire des annuaires (franchement pourquoi est-ce que j’irai couper mes chaussures au couteau ?). Pouvez-vous désormais vous passer du super-détachant miracle pour enlever les « grosses tâches sales » (sic) ? (Dire que j’utilisais des produits basiques, sans doute pour les tâches propres). Et la ceinture qui vous fait les abdominaux de Musclor à raison de quinze minutes par jour comme la dame body-buildée dont le doublage français est décalé par rapport à ce qu’elle dit en anglais ? Non plutôt ce coupe-légumes avec tous ses accessoires qui va vous obliger à manger des crudités en carré, en lamelles et en triangles... Ou la crème pour le visage qui aura pour effet que personne ne vous reconnaitra plus tant vous aurez rajeuni ? (D’ailleurs ce n’est pas vous) Et pourquoi ne pas se mettre au bricolage avec le pulvérisateur de peinture qui vous permettra de changer la couleur de tous vos murs, sans en mettre partout et en un rien de temps (tu parles…), ou le tournevis multifonctions avec 45 embouts possibles (c’est-à-dire qu’on ne trouve jamais le bon quand on en a besoin) ? 

Sortez la carte bleue c’est satisfait ou remboursé ! Puis, les yeux se ferment avec en arrière fond, le vendeur qui annonce le prix... et les frais de port. Tiens la livraison n’est pas gratuite se dit-on en rejoignant les bras de Morphée. Au moins, le transporteur sera payé... Au matin, quand vous arriverez au bureau, et qu’on vous interrogera sur votre mine en vrac, vous n’aurez plus qu’à répondre : « J’ai travaillé toute la nuit ! »

Florence Berthelot