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Edito FNTR : Scène de ménage

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Edito FNTR du 28/02/19

On n’a plus le droit de dire « père » et « mère », mais « parent 1 » et « parent 2 ». Idem pour les couples où on devrait dire « conjoint 1 » et « conjoint 2 ». Ce préalable est indispensable pour comparer, dans l’histoire suivante, le problème de la réduction de la dépense publique avec ce qui se passerait pour un couple en surendettement dans la sphère privée. Voilà, le couple est endetté.

Marié sous le régime de la communauté des biens, les deux travaillent mais tandis que Conjoint 1 essaie de payer toutes les factures, Conjoint 2 dépense sans compter. D’abord, il a trop de dépenses et ensuite il paie tout beaucoup trop cher. Il lui arrive même de payer deux fois pour le même service : il a deux box internet parce que, comme ça, il a 600 chaînes en tout. Conjoint 2 est toujours à court d’argent et taxe régulièrement Conjoint 1. Ils ont pris des crédits à la consommation dont ils arrivent à peine à rembourser les intérêts, la maison est hypothéquée. Conjoint 1 craque : « Tu ne pourrais pas réduire tes dépenses ? » lance-t-il, excédé, à Conjoint 2. Ce dernier prend un air offusqué et répond « Franchement qu’est-ce qu’on pourrait réduire dans notre train de vie ? Tu nous vois nous passer de voiture ? Priver les enfants de leurs activités sportives et artistiques ? Résilier la salle de sport alors que nous devons rester en forme ? Renoncer à nous chauffer ? Nous affamer pour faire des économies ? Je ne dépense rien qui ne profite à la famille ! » Pour conclure « Tu dis vraiment n’importe quoi. Passe-moi 50 euros. Je n’ai plus un radis et je dois payer l’électricité ». La situation tient jusqu’à ce qu’un jour Conjoint 1 claque la porte.

En fait, la comparaison s’arrête là car supposons que Conjoint 2 soit l’État, et Conjoint 1 nous tous, nous n’avons pas la possibilité de quitter le foyer avec les enfants et demander le divorce. C’est un peu ce qui semble ressortir du débat actuel qui réunit principalement des conjoints 1. À la différence que ceux-ci ne demandent pas vraiment à l’État de réduire ses dépenses, mais d’aller taper les voisins. Conjoint 2 se frotte déjà les mains. Décidément dans ce pays, pour faire changer les mauvaises habitudes, il faut vraiment avoir tué Parent 1 et Parent 2.

Florence Berthelot