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Edito FNTR : sans foi, ni loi

Cet Etat-là ne nous défendra pas. Il a, au mieux, baissé les bras. Au pire, il favorise cette concurrence illégale, en laissant faire n’importe quoi.

EDITO DE LA FNTR DU 01/02/2017


Cela fait à peine dix minutes que vous êtes là et vous n’en croyez pas vos oreilles. Vous étiez venus évoquer le problème de ces sites internet qui mettent en relation des particuliers avec des non-professionnels, propriétaires de véhicules non-inscrits au registre, qui ne respectent aucune des réglementations du transport, et cassent les prix et le marché. Votre interlocuteur vous fait la leçon. « Après tout, s’il y a tant de travail illégal, c’est peut-être que vos règles d’accès à la Profession sont trop contraignantes... ». On en tomberait de sa chaise.

On se trouve, ni plus ni moins, dans les locaux d’une Administration qui est censée réprimer la fraude, et réguler la concurrence. « Vos principes d’intérêt général ne sont peut-être plus adaptés... ». Nos règles, nos principes d’intérêt général... ? Mais c’est la loi ! On ne les a pas inventés ! Le législateur (français et européen) a créé au cours des décennies un ensemble de réglementations pour protéger les clients et les usagers de la route et que nous, professionnels, appliquons.

Ces nouveaux entrants favorisent le travail illégal, et n’ont aucune notion des prix. « Ce n’est pas interdit de casser les prix... ». Le professionnel du transport, qui est présent, ne croit pas ce qu’il entend. « Après tout, ce n’est pas absurde qu’un fleuriste prenne des colis pour éviter de revenir à vide ». « Et puis, de toute façon, vous allez perdre la bataille de l’opinion publique ». L’entretien tourne court. On vous a renvoyés vers l’Administration des transports qui doit, manifestement, se débrouiller toute seule avec d’insuffisants moyens. Vous sortez de là, heurtés en tant que professionnel, mais également en tant que citoyen.

Cet Etat-là ne nous défendra pas. Il a, au mieux, baissé les bras. Au pire, il favorise cette concurrence illégale, en laissant faire n’importe quoi. A l’heure où les professions écrivent leurs revendications auprès des candidats aux élections, on se dit qu’il n’y a rien à demander. C’est chacun pour soi. Manifestement, il n’y a de loi que pour ceux qui les respectent. Les autres peuvent s’en affranchir tranquillement. On pourrait comprendre que certains professionnels du transport finissent par perdre la foi. Car il y a de quoi.