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Edito FNTR : Rêve (délire?) de Noël

Edito FNTR du 21/12/2017

...Le Père Noël est une... entreprise de transport. Cachez ce texte aux enfants de moins de 7 ans. Mais aussi à certains médias et à certains politiques qui croient toujours qu’un bonhomme obèse va passer par la cheminée (même quand il n’y en a pas) pour distribuer les cadeaux. Point de chariot et de rennes. La vérité c’est que tout ce qui va se trouver sous le sapin, dans les chaussettes pendues à la cheminée, mais aussi dans les verres et les assiettes sera livré à un moment ou un autre par une entreprise de transport. (Dans mon souvenir, Père Noël n’apporte pas à manger. Ou alors c’est qu’il a tout mangé avant pour prendre des forces, c’est d’ailleurs pour ça qu’il est si gros...).

Avec des poids lourds ou des petits véhicules, ce sont des milliers de personnes qui sont à l’œuvre pour réaliser ce tour de magie. Et pas qu’à Noel. Mais aussi juste après, puisque la mode consiste à revendre aussitôt le cadeau qui ne vous a rien coûté, ou de le renvoyer puisque la livraison et le retour sont gratuits (!!!!). Il va falloir re-transporter ailleurs. Et aussi pour évacuer les emballages, les sapins décharnés et tout secs, et les reliefs du Réveillon. Et encore après, tous les jours. En fait, c’est Noel au quotidien. Et personne ne le sait. Ou personne ne veut le voir.

Une réflexion : puisque l’écotaxe (ou équivalent) va revenir au-devant de la scène en 2018, ce serait intéressant de poser la question : pourquoi taxer le Père Noël ? Je sais bien qu’on est en France et que l’on est très forts en matière de fiscalité (on a même exporté nos experts en Grèce pour leur apprendre à collecter les impôts), mais quand même. Et ce n’est pas sûr qu’il soit d’accord : il porte un bonnet rouge... Si ce n’était pas la trêve des confiseurs, et si j’étais sadique, je dirai à tous les enfants que je croise : « tu sais qu’il y a des gens en France qui veulent taxer le Père Noël ? ». J’entrevois leurs regards consternés et apeurés, j’entends déjà les questions qui fusent. Je vois surtout des parents qui me poursuivraient à coups de parapluie, la police, l’interrogatoire lumière en pleine face « pourquoi voulez-vous tuer le rêve ? ». Je ne tue pas le rêve. Je parle au nom de ceux qui le réalisent. Eux ne le diront pas. Ils sont trop modestes pour ça. Bonnes fêtes à tous.

Florence Berthelot