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Edito FNTR : Retour vers le foutoir

Edito FNTR du 06/12/2017

Une cheffe d’entreprise de transport faisait remarquer il y a quelques temps que lorsque l’Etat parlait de « simplification administrative », c’était surtout pour simplifier la vie des administrations et pas celle des usagers. La mise en place de procédures de demandes de cartes grises ou de permis de conduire sur le site internet de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS) en est une illustration flagrante.

Désormais, il n’est plus possible d’aller en Préfecture faire ces démarches. Si cela pouvait être considéré comme un progrès d’éviter des files d’attente interminables, il n’en demeure pas moins que le basculement au digital souffre de nombreux bugs. Impossibilité d’identifier une demande de carte grise émanant d’une entreprise de transport, attribution de numéros de dossiers qui sont considérés ensuite comme non valides ou inexistants lorsqu’on veut être informé sur le suivi, délivrance des permis de très nombreuses semaines après les demandes, envois aux mauvais destinataires, quand ce n’est pas tout bonnement le blocage du site.

Les problèmes se multiplient et l’exaspération des professionnels atteint son comble. Il s’agit typiquement de ce genre d’empoisonnement (pour être poli) dont personne ne parle vraiment mais qui pourrit la vie des entreprises et de leurs salariés. Alertés à répétition, les pouvoirs publics n’ont pas pris immédiatement la mesure de l’ampleur de la situation. Manifestement on n’est pas à Montparnasse. Sauf qu’il est tout de même étonnant en 2017, alors qu’on nous parle de transition numérique sans arrêt que l’Etat lui-même n’ait pas anticipé et développé un outil adapté. Les demandes sont-elles trop nombreuses par rapport à ce qui était attendu ? La dématérialisation de demandes bute-t-elle sur des blocages humains en aval ? On ne le sait pas.

Le Ministère a prévu un plan d’urgence. Il était temps. Car cette situation ne peut plus durer. En anglais, « bug » signifie « cafard ». Et il est certain que c’est bien ce sentiment qu’éprouvent les professionnels du transport à l’idée d’aller sur le site de l’ANTS. On en reviendrait presque à regretter les formulaires papier. Incroyable.

Florence Berthelot