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Edito FNTR : recherche personnel désespérément...

EDITO DE LA FNTR DU 14/06/2017

Il n’y a pas une réunion ou assemblée de transporteurs sans que ne surgisse un constat aigu : la pénurie de conducteurs. Et pas seulement de conducteurs d’ailleurs, mais aussi de caristes et même d’exploitants… !

Voilà bien un mystère : les organismes de formation tournent à plein régime. Les listes de Pôle Emploi regorgent manifestement de personnes en recherche. Pourtant des entreprises sont en train de perdre des marchés faute de personnel.  Le problème n’est pas nouveau. Déjà à la fin des années 2000, on le voyait poindre. Mais la crise a masqué le phénomène. Il n’est pas non plus seulement français : toutes les associations européennes le constatent aussi. Les causes en sont multiples.

Mais le principal est le défaut d’attractivité du secteur. Il faut bien avouer qu’on n’est pas aidé… Quand le secteur du transport routier est évoqué dans l’actualité -et on l’a encore constaté, il y a deux semaines, lors de la crise d’approvisionnement des stations-service en Ile-de-France- on en est encore manifestement au « salaire de la peur ». C’est sûr qu’à force de clamer partout que le métier de conducteur est mal payé, ou dangereux (ou les deux à la fois), que les cadences y seraient « infernales », on ne s’étonnera pas de faire fuir les candidats potentiels. Pas mieux du côté des pouvoirs publics : là aussi à force de pointer du doigt les camions qui tuent, qui polluent et qui dérèglent le climat, on ne risque pas d’attirer du monde. Et on peut s’échiner à mettre les réalités scientifiques en face, les chiffres réels, le rôle d’intérêt collectif du secteur pour l’économie et la société, sans parler des performances véritablement remarquables en matière de développement durable, on a du mal à se faire entendre.

Alors, s’il y a bien des causes à cette pénurie de personnel, et aussi bien des solutions, il serait déjà peut-être temps pour l’ensemble des parties prenantes d’arrêter de se tirer ou de nous tirer des balles dans les pieds.  Un discours simplement objectif et positif, la reconnaissance non pas des seuls défauts (quel secteur n’en a pas ?) mais des apports incontournables du transport routier constitueraient les éléments d’un bon début. L’affirmation que ce secteur offre des métiers, des carrières, et des perspectives à tous ceux qui veulent y tenter leur chance. Car à force de se contenter de clichés, au final il n’y aura plus personne sur la photo.

Florence Berthelot