Vous êtes ici

Edito FNTR : Putain de documentaire

Edito FNTR : Putain de documentaire

EDITO FNTR du 10 mai 2019

Si l’envie vous prend de disposer de tous les clichés possibles qui existent sur le transport et les camions, le reportage diffusé (en prime time) sur Arte le 7 mai et intitulé « Putains de camions » est un modèle du genre : le transport « catastrophe sanitaire et environnementale », ces « monstres qui circulent sur nos routes » etc… S’agit-il d’une enquête fouillée et honnête ? Que nenni ! La preuve : on nous dit qu’il y aurait de plus en plus en de camions sur les routes parce que ce serait une activité rentable… Les bras vous en tombent. Quand on sait qu’en période économiquement faste, la marge des transporteurs atteint à peine 2%, on se demande où l’auteur de ce « documentaire » est allé chercher ses informations.

Et d’ailleurs, pourquoi y a-t-il plus de camions ? La faute aux chargeurs et aux logisticiens ! A aucun moment, on ne se demande ce qu’il y a dans les véhicules, à aucun moment on ne fait le lien avec la consommation grandissante et le besoin des entreprises et des citoyens d’être livrés toujours plus, et toujours plus vite. A aucun moment, on ne cherche à responsabiliser le vrai acheteur transport à savoir le consommateur. Mettons donc le camions sur les trains se lamentent les représentants du ferroviaire. Vraiment ? On va se faire livrer en wagon en bas de chez soi ? Quid des actions fortes du secteur en matière de transition énergétique et écologique. Rien. Quid de ce que les professionnels ont, eux, à dire ? Rien.

Faisant suite à un reportage au JT de France 2 la semaine précédente sur la fraude à l’AD Blue, disant le contraire de ce qui avait été expliqué à la chaîne (« Non Madame, cela n’a aucun intérêt économique de frauder à l‘ADblue »), ce matraquage anti-camions ne semble pas tout à fait innocent. Arte et France 2 sont deux chaines publiques, payées par le contribuable. Attendez voir… Alors que le débat sur « il faut taxer les camions » va reprendre à l’Assemblée Nationale, et à l’approche des élections européennes, ce marketing tombe vraiment à pic. Ce n’est pas du journalisme mais du sensationnalisme à l’attention d’un grand public mal informé et qui, malheureusement, risque de le rester. Jusqu’au prochain épisode neigeux, ou blocage, ou grève, quand les magasins ne seront plus livrés et que, peut-être, on se demandera pourquoi.

Florence Berthelot