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Edito FNTR : On progresse, on progresse !

Edito FNTR : On progresse, on progresse !

Edito FNTR du 31/01/19

Il semblerait que l’expérimentation des taxis autonomes en Californie prenne une tournure déplaisante. Non pas tant en raison de la technique, car malgré quelques incidents les systèmes se perfectionnent régulièrement, mais en raison de l’hostilité croissante de la population. Jets de projectiles, pneus crevés, actes malveillants se multiplient sur ces pauvres machines. Certains californiens vont même jusqu’à les insulter ou à… les menacer d’une arme ! Etrange tout de même… Chacun connait (ou pas) l’histoire de la première machine à tricoter les bas, refusée catégoriquement par la reine Elisabeth 1ère, au motif que la généralisation de l’automatisation allait priver ses sujets de travail. La vérité est que la Guilde des bonnetiers (un lobby déjà) avait mis tout son poids de laine dans la balance. Son inventeur le pauvre William Lee mourut ruiné à Paris en 1614. Mais la machine triompha en quelques décennies. On est encore bien loin du taxi sans conducteur à bord.

Pourtant nul besoin d’être devin pour comprendre que cela arrivera un jour. Comme les camions autonomes d’ailleurs. Peut-être pas tout de suite tout de suite mais un jour. Les « experts » s’interrogeront encore longtemps sur son acceptabilité par la population, et sur les destructions d’emplois. Mais le temps fera son œuvre et viendra le moment où on ne se posera plus la question, notamment lorsqu’on comprendra que des emplois nouveaux auront surgi. En attendant, on constate qu’au lieu de s’en prendre aux concepteurs, les opposants à cette innovation s’en prennent aux voitures elles-mêmes. C’est sans doute la marque d’un certain progrès car manifestement on prête à ces machines une intelligence et une compréhension. Il faut avouer qu’on aimerait être une souris (d’ordinateur) pour entendre quel genre d’injures on peut adresser à une voiture autonome : « Espèce d’engin» ? « Mécanique infernale » ? « Tas de ferrailles » ? La voiture poursuit placidement sa route. Quant à l’homme qui la vise avec un revolver, il faut lui souhaiter que celui-ci ne devienne pas dans le futur une arme autonome. Elle pourrait fraterniser avec les autres machines….

Florence Berthelot