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Edito FNTR : Partageons la route (mais pas trop quand même)

Edito FNTR : Partageons la route (mais pas trop quand même)

Edito FNTR du 12/07/18

 

-On a prévu 2 mètres de large...

- Un camion cela fait 2m50 de large donc on risque d’empiéter sur la voie de bus, ou de vélo, ou celle dédiée aux voitures.

- Non impossible. On n’a pas prévu cela. Alors, il faudra que les camions aillent se garer plus loin, au bout de la rue. Ce n’est quand même pas insurmontable de prendre un transpalette pour livrer à pied les derniers mètres.

-Essayez-de le faire, vous ! 800 kg de marchandises à décharger sur le trottoir généreusement abaissé à 5 cm... sur un transpalette... avec une traversée sur le passage piéton. Le bout de la rue est à 200m et la voie est en pente raide ! Une rigolade !

Ceci est un extrait des échanges entre les représentants de transporteurs et ceux d’une très grande ville française. Il faut bien avouer que parfois cela confine au plus complet surréalisme. D’un côté, des décideurs qui ont prévu de saucissonner une rue pour prévoir le passage en parallèle de bus, de vélos, de voitures et accessoirement de piétons (pourquoi pas de patinettes ou de chaussures à ressort ?) et de l’autre, des professionnels qui se demandent vraiment comment ils vont pouvoir livrer les commerces en 2020 sur des emplacements trop petits, trop éloignés, ou les deux et dans tous les cas en nombre insuffisant. Les commerçants eux, ont l’air de totalement s’en moquer. « C’est un problème de transporteurs ».

Déjà aujourd’hui, vue la galère que représentent les livraisons en ville, des conducteurs refusent carrément d’y aller. Et on sait que l’on n’a pas pléthore de personnels disponibles. Il semble que des discussions comme celles-ci, il va y en avoir encore plusieurs dans les mois qui viennent. Jusqu’à ce que, de guerre lasse, on ne renonce carrément à livrer. Si vraiment le transport de marchandises ne parvient pas à se faire entendre, eh bien les consommateurs et les entreprises iront chercher ce qui leur est nécessaire en bus, en vélo, en voiture, à cheval ou en trottinette ! Sans doute beaucoup comprendront alors à quel point l’activité du transport de marchandises est indispensable au quotidien d’une ville. Que les citadins prennent des forces et chauffent leurs muscles. Ils en auront bien besoin en 2020. Et prévenez aussi les touristes pour 2024….

Florence Berthelot