Vous êtes ici

Edito FNTR : mon camion est plus propre que ta voiture

S’agissant de santé publique, les décisions politiques ne devraient pas être gouvernées par la popularité ou les idées reçues, mais par la réalité scientifique.

EDITO DE LA FNTR DU 11/01/2017

Qui connait le Conseil international pour un transport propre ? Il s’agit d’un groupe de recherche qui a joué un rôle majeur dans la découverte du scandale Volkswagen. Dans son dernier rapport, ce Conseil international a comparé les émissions des camions et des bus avec celles des voitures, dans des conditions de conduite réelles. Il en résulte que  les voitures produisent dix fois plus de NOx (gaz polluants) par litre de carburant que les camions ! En 2015, des tests auraient établi que certaines voitures au diesel émettaient quatre fois plus de NOx qu’un bus. Peu de gens savent que depuis 2011, du fait d’une réglementation européenne, les tests sur les poids lourds se font en situation réelle, et de manière très stricte. Ce qui n’est pas le cas pour les véhicules particuliers.

C’est bizarre comme ce genre d’informations passe totalement inaperçu, au moins en France. Car cela va complètement à l’encontre des idées reçues. Quand on pense que l’on doit désormais apposer des vignettes avec couleur et numéro, pour pouvoir ou non circuler en cas de pics de pollution alors que manifestement la classification ne tient strictement aucun compte de la réalité mesurée scientifiquement, on reste songeur. La députée européenne en charge des négociations européennes sur la qualité de l’air a souligné que si les camions peuvent respecter les limites fixées, il n’y a pas de raison que les voitures n’y arrivent pas. C’est vrai. Elle aurait pu ajouter que les politiques adoptées pour la qualité de l’air sont en train de prendre une très mauvaise direction.

Car avantager la voiture dite la plus propre, au regard de tests de laboratoire,  par rapport à un poids lourds au regard de ses émissions réelles, n’a aucun sens. Et en plus, il y a quand même beaucoup plus de voitures qui circulent que de camions. Il est vrai que politiquement c’est quand même plus facile –et populaire- de trouver un bouc émissaire que de s’attaquer à Monsieur et Madame Tout-le-Monde et à la voiture. Le drame c’est que s’agissant de santé publique, les décisions politiques ne devraient pas être gouvernées par la popularité ou les idées reçues, mais par la réalité scientifique.