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Edito FNTR : Marketing

Edito FNTR du 02/11/2017

« Et en plus le transport est offert... ». La scène se passe dans un magasin d’électro-ménager. « Comment ça, le transport est offert ? Votre transporteur travaille gratuitement ? ». Le pauvre vendeur ne sait pas qu’il a affaire à une personne qui travaille dans une organisation de transport routier et que son métier lui colle légèrement à la peau. Pas de bol pour lui. Il tente une explication « non, c’est que c’est nous qui prenons le transport à notre charge... ». « Vraiment ? » s’entend-il répondre, « alors votre modèle économique n’est pas viable très longtemps, car si c’est votre enseigne qui paie systématiquement le transport, je pense que vous allez faire rapidement faillite, ce n’est pas rentable... ».

Le vendeur commence à transpirer à grosses gouttes. Il doit penser qu’il aurait mieux fait de faire la pause-café que de se coltiner des clients barjots qui viennent lui donner des leçons d’économie des transports. La cliente poursuit : « A moins bien sûr que derrière cet argument marketing, ne se cache le fait qu’en réalité le prix du produit que j’achète a été augmenté pour inclure le prix de la livraison. Et dans ce cas, en réalité, c’est bien moi qui paie le transport ! ». Le ton est presque triomphant.

Le garçon, bien jeune et presque touchant, n’a plus d’arguments. Tout ce qu’il peut dire c’est « mais Madame, moi je ne fais que vendre des machines à laver... ». Ma véhémence est retombée d’un coup. Ça a été plus fort que moi. Il suffit que j’entende les mots « transport offert », ou pire encore « transport gratuit », et c’est comme une séquence subliminale qui se déclenche dans un coin du cerveau, et je sors de mes gonds. Même avec un vendeur de lave-linge.

Alors que j’en veux à tous les responsables marketing de tous poils qui ose berner les consommateurs avec des slogans fallacieux. Et qui font croire à tout le monde que le transport ce n’est rien. Ou peut-être que j’ai mal compris et que cela veut dire le contraire. A savoir qu’économiser prétendument sur le transport, peut déclencher la vente car ce serait une part importante de la transaction... « Alors vous la prenez ? ». La question interrompt mes réflexions existentielles. « Oui, répondis-je, mais la prochaine fois dites seulement que le transport est compris. Compris ? ». Le jeune acquiesce et s’empresse d’aller faire sa pause. Pas sûr qu’il ait pris seulement un café. Et moi, j’ai payé le transport.

Florence Berthelot