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Edito FNTR : Loto Route

Le 26/10/2018

Edito FNTR : Loto Route

Edito FNTR du 26/10/18

Pas une semaine ne se passe sans qu’on nous serine avec « il faut trouver des sous pour la route ». Plus exactement, il faut 500 millions. Pourquoi 500 millions ? Pourquoi pas ? Demain de toutes façons, ce sera un milliard, deux milliards ou plus. Rien de nouveau tant dans l’objectif que dans les hypothèses avancées : écotaxe régionale, vignette ou rabot de la ristourne sur le carburant. Ces derniers temps, ça se sophistique comme dirait l’autre- puisqu’on imagine un mix des mesures (rabot de ristourne + vignette). On a beau dire -et ça devient lassant- que la route rapporte aujourd’hui 40 milliards par an (et dans cinq ans beaucoup beaucoup plus) et qu’il y a donc largement de quoi financer les routes, pour peu qu’on flèche un peu mieux les recettes, rien n’y fait. Donc, il faut innover.

Alors voilà, puisqu’il existe un Loto du patrimoine pour rénover les vieux châteaux, pourquoi ne pas créer un « Loto Route » ? Après tout la route, c’est aussi un patrimoine. On vendrait des billets où on pourrait gagner soit au grattage, soit au tirage. Bon, pas sûr que Stéphane Bern soit disponible pour cette opération-là, mais on pourrait trouver un autre Monsieur Loyal. On avait bien une Madame Royal. D’ailleurs elle pourrait faire l’affaire tant elle s’est opposée à l’écologie punitive. Parce qu’on est tous d’accord que cela n’a rien à voir avec l’écologie et tout à voir avec l’avoine, le blé, l’oseille. Mettons la Française des Jeux sur le coup et on va vous les trouver vos 500 millions ! Le vainqueur gagne un camion et un train de pneus, et l’État encaisse.

Il encaisse doublement d’ailleurs. M. Darmanin vient d’avouer, tout penaud, que les taxes sur le Loto du patrimoine irait dans les caisses de l’État et pas dans les donjons. Car les gains sur les jeux sont soumis à une CSG de 9,5%. Tant qu’à nous prendre pour des imbéciles, autant qu’on le fasse en jouant. A la différence qu’en ce qui nous concerne, on a fini de jouer. Comprenne qui voudra.

Florence Berthelot