Vous êtes ici

Edito FNTR : les usagers d’autoroute, leurs attentes et leurs besoins

EDITO DE LA FNTR DU 12/07/2017

L’ARAFER a, le 14 juin, sévèrement taclé le projet de mettre à la charge de l’usager le coût de certains de ces travaux supplémentaires.

Le grand public ne connait pas l’ARAFER. Pourtant cette Autorité de Régulation des activités ferroviaires et routières joue un rôle important en toute neutralité. Elle est notamment amenée à formuler un avis sur les avenants des contrats de concession des sociétés d’autoroute. Par ces avenants, les sociétés d’autoroute qui programment des travaux distinguent ceux qui font partie du contrat de concession initiale de ceux qui n’en font pas partie. Les travaux non initialement prévus dans le contrat de concession justifient des augmentations de péage.

Saisie sur plusieurs de ces avenants, l’ARAFER a, le 14 juin, sévèrement taclé le projet de mettre à la charge de l’usager le coût de certains de ces travaux supplémentaires. Dans un de ces avis, sur l’amélioration de la qualité des aires de service et de repos, l’ARAFER souligne que « compte tenu des attentes que sont en droit de formuler aujourd’hui les usagers de l’autoroute, les aménagements destinés à équiper les aires de repos de cabines sanitaires avec cuvettes à l’anglaise, de distributeur de savon, de sèche-mains ou encore de miroir, par exemple, relèvent des aménagements qui doivent être réalisés par le concessionnaire à ses frais » Comprenez : pas question de faire peser sur les usagers des autoroutes ce qu’ils sont en droit d’attendre légitimement en termes de qualité des équipements sanitaires. Il faut bien avouer que quiconque a ressenti un besoin pressant sur certaines autoroutes n’a pas manqué -devant l’état de certaines installations- soit de s’enfuir, soit de les utiliser faute de mieux (parce que c’est vraiment pressé) en se bouchant le nez et les yeux (ce qui est peu pratique dans la circonstance). Sans vergogne, on comprend qu’on entend encore augmenter les péages pour...   financer l’approvisionnement en savon (personne n’a parlé du papier). Cela fait chère la pause pipi...

Malheureusement, il y a toujours une faille dans un contrat. La preuve : l’Autorité souligne que « les prestations qui excéderaient ce niveau de service ou dont la réalisation ne serait pas directement imposée par la réglementation (telle que l’installation de diffuseurs de parfum) peuvent apparaitre comme dépassant les obligations contractuelles ». Celle-là, on ne l’avait pas vu venir. L’installation de diffuseurs de parfums « pin des Landes »  ou « jardin après la pluie » justifierait de payer plus cher pour l’autoroute. Ces arômes synthétiques donnent mal au cœur. Tout comme les prétendus coûts que cela engendre... Et on nous parlerait en plus de péages sur les routes nationales ?

Florence Berthelot