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Edito FNTR : légendes urbaines

Annonce a été faite durant le Congrès du succès du dépôt d’un amendement au Sénat faisant disparaitre le risque de taxation du dispositif du CFA, ce qui de fait... le sauvait.

La pyramide du Louvre compterait 666 plaques de verre, ce qui en ferait un édifice satanique. Paul McCartney serait mort en 1966 juste avant la sortie de Sgt Pepper’s Lonely Heart Club Band. Les égouts de Paris seraient peuplés d’alligators. Sans compter le fait qu’il y a bien une ou deux personnes ici-là qui se sont faites enlever par des extra-terrestres. Voici ce qu’on appelle des légendes urbaines. A la différence des poissons d’avril, elles ont la vie dure, et il y a toujours quelqu’un pour en démontrer scientifiquement la vérité.

La dernière en date, dans le monde du transport, veut que la FNTR ait annoncé durant le Congrès de novembre 2016 qu’elle allait dénoncer l’accord sur le Congé de Fin d’activité. Or, tous ceux qui y assistaient savent que c’est faux. Au contraire, annonce a été faite durant le Congrès du succès du dépôt d’un amendement au Sénat faisant disparaitre le risque de taxation du dispositif du CFA, ce qui de fait... le sauvait. On se souvient des applaudissements nourris qui ont salué cette nouvelle. On peut relire le discours du Président de la Fédération demandant solennellement au Secrétaire d’Etat aux Transports de soutenir cet amendement (ce que ce dernier n’a pas fait). Mais non. La légende court, se répand dans les réunions paritaires et les tracts syndicaux. C’est toujours la même chose. Ceux qui véhiculent les légendes urbaines n’en n’ont jamais été témoins. Cela ne les empêche pas d’être péremptoires et de savoir mieux que ceux qui étaient là. Ils sont comme l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours. Même si la réalité les dément.

Il est plus embêtant de mettre en contrepoint leur assourdissant silence face à la diffusion d’un reportage sur une chaine d’information continue, la semaine dernière, où tous les conducteurs routiers étaient qualifiés de drogués. A l’évocation d’un dramatique accident causé par un conducteur sous emprise de stupéfiants, les journalistes ont joué le sensationnalisme. Avec l’appui d’un « expert », ils ont véhiculé une autre légende urbaine, bien plus grave. Les addictions à la drogue seraient « culturelles » chez les conducteurs. Dans le secteur, on s’indigne. De telles assertions, fausses, sont graves. Et elles nuisent à tout le monde. Attention, les légendes urbaines peuvent aussi faire beaucoup du mal. Donc évitons de les accréditer.

Florence Berthelot