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Edito FNTR : Le temps se gâte

Edito FNTR : Le temps se gâte

Edito FNTR du 31/05/18

Alors que les rues de Paris se transforment en torrents du fait d’orages violents et quotidiens, et qu’on ressemble tous à des chiens mouillés au moindre rendez-vous, l’écoute attentive des signaux politiques confirme : le temps est à l’orage.

Le Parlement européen vient d’adopter le projet de nouvelle Directive Eurovignette. Si les vignettes sont destinées à disparaître à horizon de 5 ans, en revanche l’intégration plus poussée des coûts externes (même quand il n’y a pas de charges d’infrastructure) va amener à toujours plus fiscaliser la route, et par là-même, la circulation utilitaire.

En France, alors que tout le monde guette la présentation de la loi LOM (Loi d’orientation des mobilités), on entend à nouveau filer vers le ciel sombre, des ballons d’essai : écotaxe régionale, plafonnement voire carrément suppression de la ristourne dont bénéficient les transporteurs sur la fiscalité du carburant, ou encore... vignette (comprenne qui pourra). Manifestement, il semble échapper aux chantres du « toujours plus de taxes » que d’une part le Gouvernement s’est engagé à ne plus créer de nouvelles taxations durant cinq ans, et d’autre part que le prix du carburant est tout bonnement en train de flamber.

Regardez bien les prix à la pompe : il y a quelques années si on avait vu ces prix-là, ç’aurait été la révolution. Car alourdir la fiscalité quand le prix de base du carburant est bas, ça peut passer sans doute mais quand le prix de la matière première remonte en flèche c’est tout à fait une autre histoire. C’est vrai pour les professionnels du transport, ça l’est aussi pour les particuliers qui voient leur pouvoir d’achat fondre.

Au lieu de s’ingénier à alourdir la facture, les décideurs politiques feraient mieux de s’interroger sur une meilleure utilisation des 39 milliards d’euros acquittés chaque année par tous les usagers de la route. Alors que la reprise économique est encore très fragile, tout prélèvement supplémentaire sera fermement refusé. Le temps se gâte pour tout le monde : les professionnels du transport ne manqueront pas de doucher les volontés politiques liées à une taxation. Sortez les paratonnerres.

Florence Berthelot