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Edito FNTR : Le sirop Typhon

Edito FNTR du 05/04/18

Si on écoute les uns les autres, il semble que la solution à tous les problèmes soit de... taxer les poids lourds. Il faut reporter le fret de la route vers le rail ? Taxez les poids lourds ! Il faut rembourser la dette de la SNCF ? Taxez les poids lourds ! Il faut financer les infrastructures ? Taxez les poids lourds ! Décongestionner Paris ? Bordeaux ? Stopper la pollution dans la vallée de l’Arve ? Comme dit la chanson c’est « l’universelle panacée-é-é ».

Sauf que s’il faut faire tout cela, taxer les poids lourds ne servira à rien. La dette de la SNCF, c’est 53 milliards d’euros soit le chiffre d’affaires annuel du transport routier français. Reporter le fret routier sur le rail ? Actuellement, avec les grèves c’est le contraire qui se produit, le fret ferroviaire et combiné étant totalement à l’arrêt. La pollution de la Vallée de l’Arve ? Il est au passage aujourd’hui scientifiquement prouvé que cette pollution est due... aux feux de cheminée ! Que l’argument de la taxe poids lourds serve aujourd’hui d’argument tant à la CGT-Cheminots qu’au Gouvernement est une diversion absolue pour faire oublier la fin du statut de cheminot, la transformation juridique de l’Établissement public ferroviaire et l’ouverture à la concurrence. On notera que sur ce sujet, le Gouvernement semble d’accord avec la CGT. C’est singulier... De là à ce que cela devienne un point majeur de sortie de crise, il n’y a pas loin. Peu importe que pour soigner le malade, on achève un mal-portant, rudement soumis à la concurrence étrangère et à une fiscalité devenue insupportable.

Après avoir été les boucs émissaires et les vaches à lait, voilà que nous risquons de devenir les dindons de la farce. A force de répéter comme des cabris « taxons les poids lourds ! », le sirop Typhon semble devenu une potion vétérinaire.

Florence Berthelot