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Edito FNTR : le sens des Initiatives

Edito FNTR : le sens des Initiatives

Après de multiples consultations, enquêtes, questionnaires émanant de consultants missionnés par la Commission européenne, l’Europe est suspendue à la publication, le 31 mai prochain, des Initiatives routières. Ce nom étrange est en fait une série de propositions de modifications des réglementations existantes relatives au transport routier. Accès à la Profession, accès au marché, temps de conduite et de repos, intégration des véhicules légers, coordination des contrôles, nombre de sujets sensibles seront évoqués.

La question des modalités de l’application du détachement de travailleurs dans le transport sera également envisagée, en lien avec un autre « paquet », celui relatif à la mobilité. Des documents ont fuité. S’il ne s’agit pas des documents définitifs, ils ont déjà causé beaucoup d’émoi. Le syndicat européen des travailleurs du transport a déjà manifesté contre toute flexibilité sur le repos hebdomadaire des conducteurs. Du côté des organisations professionnelles, notamment celles des pays les plus cabotés, la suppression du nombre d’opérations de cabotage dans une période non plus de 7 jours mais de 5 laisse entrevoir un début de libéralisation, inacceptable.

Quant au détachement, se dessine une nouvelle approche, qui ressemble à une usine à gaz. L’idée serait de n’appliquer le salaire du pays d’accueil que si le conducteur y effectue du transport international ou du cabotage pendant un certain nombre de jours par mois. 5, 7 ou 9 jours. A la limite, peu importe. Car d’ores et déjà, on devine que c’est aussi incontrôlable qu’inapplicable.

Le transport routier est très certainement le révélateur de tout ce qui n’a pas été traité, ou mal abordé, en Europe durant les quinze dernières années. Ouvrir le marché, mettre en concurrence des opérateurs aux coûts trop éloignés, et omettre systématiquement la question sociale amène aujourd’hui à tenter de rattraper les dégâts. Ces « Initiatives » risquent de ne faire que des mécontents. Car ce qui manque c’est la vision globale. C’est le sens. Quelle Europe des Transports voulons-nous collectivement ?

Florence Berthelot