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Edito FNTR : « Le lundi, c’est ravioli ...

EDITO DE LA FNTR DU 08/06/2017

Edito FNTR : « Le lundi, c’est ravioli ... et au printemps, c’est la crise carburant…

et au printemps, c’est la crise carburant... ». Cela va devenir une habitude. Déjà en mai 2016, pendant plus d’une semaine, la CGT nous avait gratifié d’une de ses actions dont elle a le secret en bloquant, avec un nombre restreint de grévistes et de manifestants, dépôts pétroliers et raffineries.

En mai 2017, re-belote, à une différence près. Tirant les leçons de l’année précédente (en effet les transporteurs avaient permis, malgré les pires difficultés à maintenir les approvisionnements), les manifestants ont ré-orienté leurs actions, en ciblant non les sites pétroliers, mais les transporteurs eux-mêmes. Si l’action a été principalement concentrée en Ile-de-France, les automobilistes ont très rapidement subi les effets de l’action. S’il faudra débriefer en son temps sur ce qui s’est passé, on peut d’ores et déjà noter les ingrédients nécessaires pour faire monter la sauce. Tout d’abord, des grévistes en petit nombre, mais placés sur les sites clés pour bloquer l’accès aux dépôts avec intimidations verbales et parfois physiques des conducteurs non-grévistes. Loin de la guerre des chiffres, la réalité est que les grévistes n’étaient que quelques dizaines. A cela s’ajoute l’appui de militants n’appartenant pas au secteur du transport routier.

Deuxième ingrédient : les médias. Il suffit qu’un journaliste pose la question « va-t-on manquer de carburant ? » pour que tout le monde se précipite à la pompe, considérant que la réponse est dans la question. La sur-consommation vide les stations-service et la pénurie annoncée se crée.

En troisième ingrédient, la prise en compte trop lente des deux éléments précédents par les pouvoirs publics. Et pour épicer la chose, l’inadaptation de l’action des forces de police, trop immobiles face à des éléments mobiles : là où il aurait fallu des escortes pour des convois de camions-citernes, on s’est retrouvé le plus souvent avec un car de police statique devant un dépôt.

Au final, il a fallu que le gouvernement s’en mêle pour que les actions cessent. La vraie question désormais, c’est de savoir si tout cela n’était pas un tour de chauffe pour le « quatrième tour » social, annoncé pour la rentrée voire même avant. On n’aura donc pas besoin d’attendre le printemps prochain pour remettre le couvert. Quelle joie...

Florence Berthelot