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Edito FNTR : Le fond de la piscine

Edito FNTR : Le fond de la piscine

Edito FNTR du 14/09/18

Le week-end dernier, un débat un peu surréaliste a eu lieu entre économistes : la France a « peut-être » atteint 100% de dette publique. Ce qui signifie que la totalité de la richesse produite en France serait absorbée par le remboursement de la dette nationale. Notons au passage le « peut-être » ce qui rappelle l’expression d’un homme célèbre : « Les économistes ont été inventés pour que les météorologues se sentent moins seuls ». Peut-être, parce qu’à ce stade on ne peut que tenter d’évaluer l’impact de la reprise de la dette de la SNCF. En tous cas, si ce n’est pas 100%, on serait aux alentours de 98.8%. C’est kif-kif.

Une telle nouvelle mériterait qu’on en parle beaucoup plus car elle constitue la clé de toute ambition en termes d’orientation politique et le problème majeur de notre beau pays. Car quand on est endetté à 100% de ses revenus, inutile de dire que ce n’est pas le moment d’imaginer de nouvelles dépenses. Il n’est pas non plus envisageable de dire qu’avec ce qu’on gagne, on va tenter d’assurer plus efficacement ses dépenses courantes. En clair, toutes les taxes et impositions sont déjà totalement captées par le remboursement des dettes, et c’est à se demander si on ne va pas être obligés d’emprunter encore et encore pour assurer les dépenses de fonctionnement.

A partir de là, le constat est simple : on n’a pas investi avec l’argent existant, donc on va tenter de trouver des recettes supplémentaires. C’est le cas pour la régénération des routes (et la route est un service public) sur laquelle on pleure aujourd’hui alors qu’elle a été totalement zappée ces dernières années. Le plus étrange c’est qu’on prévoit, aussi, le lancement de nouvelles infrastructures, dont des lignes LGV dont on nous avait dit que ce ne devait plus être la priorité de demain. Allez comprendre. Il parait que c’est seulement lorsqu’on est au fond de la piscine qu’on peut donner un coup de pied pour remonter. Mais l’histoire ne dit pas comment on peut remonter alors qu’on a des boulets au pied. Cela ressemble à un tonneau des Danaïdes, légendairement connu pour ne jamais se remplir. Dès lors, on peut tous tenter de mettre des petits pulls marine, tout ce qui risque d’arriver c’est que nous allons collectivement boire la tasse. Tchin tchin.

Florence Berthelot