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Edito FNTR : le cœur entre les dents

Après les blocages et les intempéries, il faudra montrer ce que fait le transport routier de marchandises et convaincre les donneurs d’ordre de payer le juste prix de leurs exigences.

EDITO DE LA FNTR DU 08/06/2016

Cette expression peu courante était utilisée par les pilotes de guerre pour décrire la sensation qu’ils éprouvaient lorsqu’ils descendaient soudainement en piqué, lors des batailles aériennes. Cela résume ce sentiment d’écrasement et cette asphyxie momentanée, associés à la nécessité de ne pas lâcher le manche, de garder le contrôle.

Ces derniers jours, les entreprises de transport et logistique ont vraiment eu le cœur entre les dents. Entre les blocages, les problèmes d’approvisionnement en carburant, et en plus les intempéries, le transport a été sévèrement perturbé. Il fallait que les chefs d’entreprise, et leurs personnels aient les nerfs solides pour tenir bon face à ces nombreux défis supplémentaires, qui venaient s’ajouter à ceux qu’ils rencontrent au quotidien. Du courage, de l’ingéniosité… nul doute qu’ils en ont beaucoup déployé pour maintenir les flux, sans trop de retard, sans perturber l’économie ou nos concitoyens. Mais tout cela a un prix, et en tous cas, cela a certainement un coût.  Attentes, heures supplémentaires, kilomètres en plus, camions bloqués par les inondations, conducteurs sans activité du fait des intempéries, la question est : qui va payer ?

Nul doute que lorsque les transporteurs présenteront la facture aux clients, il va y avoir des difficultés majeures à en obtenir le juste règlement. Et c’est cela qui est choquant. Car cette qualité de service, cette fiabilité, cette adaptabilité, c’est ce qui fait du transport routier de marchandises le premier mode de transport. Et il le restera encore longtemps. C’est pour cela qu’au niveau collectif, il nous faut montrer ce que fait le transport routier, et convaincre les donneurs d’ordre de payer le juste prix de leurs exigences. C’est un chantier de longue haleine, qu’il faut sans cesse recommencer, tant la mémoire est courte une fois les crises passées.

Une chose est sûre : on ne pourra pas indéfiniment compter sur la conscience professionnelle des transporteurs, ni sur le cœur qu’ils mettent à leur activité pour sauver la mise en toutes situations. Car cette énergie-là n’est pas plus gratuite que les autres.